Franck Goffaux,
Directeur de la SRPA (Société Royale Protectrice des Animaux) de Charleroi

Interview réalisée en avril 2015  —  Interview 1213

Pourriez-vous nous présenter la SPA de Charleroi, ses principales activités, son fonctionnement ?

La SPA de Charleroi existe depuis bientôt 110 ans. Elle a été fondée par Monsieur Jules Ruhl en 1908. Nous avons une convention avec 36 communes, ce qui représente pratiquement 1.800 km² de territoire à couvrir.

Il s’agit d’une société qui s’occupe de la protection animalière. Son rôle principal est d’accueillir des animaux égarés ou abandonnés. L’objectif est donc d’essayer de retrouver leur propriétaire ou de replacer l’animal dans une nouvelle famille.

Nous avons aussi un service d’inspection qui est composé d’une personne administrative et d’un employé sur le terrain assisté d’un bénévole. Nous recevons environ 700 plaintes par an et nous les traitons toutes.

Notre société fonctionne sur fonds propres. Nous ne sommes subventionnés par aucune des entités communale, régionale ou fédérale. Les dépenses concernent principalement les salaires, les frais de vétérinaires mais aussi les différents produits (pharmaceutiques, nettoyants, etc.).

Quels types d’animaux accueillez-vous ?

Nous accueillons principalement des animaux de compagnie. En 2014, nous avons recueilli 3.800 chiens et 76% d’entre eux ont retrouvé leur maître ou ont été adoptés. Ce sont donc pratiquement 8 chiens sur dix qui sortent de notre refuge. C’est bien mais pas encore assez, évidemment.

Nous avons aussi enregistré un peu moins de 4.000 chats, mais il en ressort beaucoup moins que les chiens car il est plus facile d’adopter un chat en dehors des refuges. Par ailleurs, la multiplication des chats est un véritable fléau.

Il y a aussi tous les animaux de bergerie (moutons, chèvres, etc.), des chevaux, des rongeurs (lapins, souris, etc.), les NACs (serpents, araignées, iguanes, etc.). Ces animaux sont souvent déposés par la Police ou par les pompiers suite à de saisies, par exemple. Ils sont chez nous en transit avant d’être confiés, le plus souvent à Pairi Daïza, qui les accueille en fonction de la place disponible.

Quels sont les différents profils que l’on retrouve dans votre équipe ?

Nous sommes 18 à travailler à temps plein. L’équipe est composée d’employés et d’ouvriers. A la base, personne n’a de compétences particulières en lien avec les animaux. La plupart ont été formés sur le terrain, par les plus anciens.

Quelles sont les tâches principales en lien avec les animaux au sein de votre refuge?

Elles sont variées. Au niveau des chiens, lors de leur arrivée, ils sont conduits au chenil d’accueil où ils seront examinés par un vétérinaire qui déterminera l’âge, le sexe, et qui se chargera des vaccins. Une fois que c’est fait, ils vont au chenil d’adoption. Les chats sont quant à eux mis en quarantaine à l’infirmerie avant la mise à l’adoption.

Tous les jours, nous assurons le nettoyage des cages, des litières, des boxes ; le nourrissage, etc.

Quel est votre parcours personnel ?

Je possède deux graduats : un en comptabilité-fiscalité et un autre en droit.

J’ai d’abord travaillé à la Ville de Charleroi, dans le département « Commerce », puis j’ai été comptable d’une asbl. Après les élections de 2006, j’ai intégré un cabinet politique avant de le quitter en 2008 pour devenir directeur de la SPA de Charleroi.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous diriger dans cette voie ?

Je suis un peu comme Obélix, « je suis tombé dedans quand j’étais petit ». Mon papa a été président de la SPA pendant plus de 30 ans. J’ai donc grandi dans cette ambiance.

J’ai d’abord été administrateur de la SPA avant d’en devenir le directeur. Cela va bientôt faire 7 ans. 

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans votre métier ?

Elles sont principalement financières. Nous fonctionnons sur fonds propres et donc, nous devons faire avec les moyens du bord !

Nous sommes aussi confrontés, à certaines périodes, à un nombre trop important d’animaux, que nous ne pouvons pas toujours garder et qu’il faut donc malheureusement euthanasier. C’est surtout le cas pour les chats, qui arrivent par caisses entières pendant la période de reproduction. Nous connaissons des pics en juillet et août, même si la situation s’améliore d’année en année.

Enfin, nous devons aussi faire face à la mesquinerie, à l’agressivité et aux mensonges des gens.

Quelles sont selon vous les qualités essentielles pour travailler dans un refuge ?

Il faut aimer l’animal avant tout mais aussi prendre conscience que moralement, ce n’est pas un métier facile. C’est l’amour du métier qui fait que les gens tiennent le coup.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite travailler dans un refuge ?

Je lui dirais de prendre exemple sur les anciens, c’est surtout comme cela que l’on acquiert de l’expérience. Il faut aussi être courageux, ne pas croire qu’on va tout révolutionner sans faire preuve de motivation et de travail. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.