Frédéric Hofmans,
Commissionnaire en transport

Interview réalisée en novembre 2008

Société de prestations de services logistiques, Partner Logistic a été créée en 1995 et est implantée sur le site de Garocentre (La Louvière). Les activités de transport, stockage, expédition, douane et conditionnement rythment son quotidien. Entretien avec son administrateur-gérant, Frédéric Hofmans, âgé de 48 ans.

Comment pourrait-on définir votre métier ?

Le commissionnaire est un intermédiaire entre le demandeur (c’est-à-dire le chargeur), qui est souvent une société multinationale ou une PME importante, et le transporteur. Un chargeur doit effectuer un transport d’un point d’enlèvement (A) à un point de destination (B) pour un type de marchandises (C) dans un délai (D). En fonction de ces quatre critères, le commissionnaire choisit le meilleur rapport qualité/prix à soumettre au chargeur. On propose ainsi soit un panel de solutions, soit directement la solution correspondant à sa demande. Nous ne possédons pas de matériel roulant car on travaille avec de nombreux sous-traitants ; notre flotte est donc en théorie illimitée. Cela nous rend très souple par rapport aux opérations qu’on peut effectuer pour un chargeur car on n’est pas limité par un charroi. Certains transporteurs sont soit spécialisés dans un ou plusieurs pays (positionnement géographique), soit spécialisés en citernes, en véhicules frigorifiques ou produits dangereux (positionnement en fonction de la marchandise), soit font du groupage ou du transport express (positionnement en fonction du délai). Chez Partner Logistic, on essaie de fournir un service complet (transport, entreposage, douane, conditionnement), de faire en sorte que le client puisse se concentrer surson core-business.

Quelles qualités sont indispensables à l’exercice du métier ?

Le multilinguisme (français, néerlandais, anglais constituent un minimum), la diplomatie, le sens du contact, la disponibilité, l’organisation, l’anticipation, l’esprit d’analyse et de synthèse. Il faut aussi savoir gérer son stress (les délais sont de plus en plus courts, les clients passent commande en très peu de temps) et faire preuve d’une grande réactivité afin de pouvoir faire face aux différents aléas qui peuvent perturber la bonne organisation d’un transport. De plus, il est important de connaître l’informatique. Hormis les programmes de base (Word, Excel, Access), ontravaille avec une base de données qu’on a développée nous-mêmes.

Quelle différence faites-vous entre le commissionnaire et le courtier de transport ?

Le courtier met les deux parties en contact et le transporteur facture directement au client, et s’en tient à cela, en touchant un pourcentage du transporteur (à l’instar du courtier en assurances). Le commissionnaire, par contre, s’engage pleinement, il est responsable du transport. Le client ne connaît pas forcément le nom des sous-traitants, il n’est pas en relation directe avec eux. Le sous-traitant nous facture les prestations effectuées, que nous refacturons ensuite au client. C’est donc, dans ce cas, le commissionnaire qui prend les risques de non-paiement, pour cause d’insolvabilitépar exemple.

Quels avantages et inconvénients comporte le métier de commissionnaire en transport ?

Quelques chargeurs estiment encore qu’ils peuvent se passer d’un commissionnaire, ceci afin d’éviter de payer une commission. Cet argument est souvent utilisé contre notre métier. Or, nos prix ne sont pas plus élevés que lorsqu’on travaille directement avec un transporteur. Nous obtenons des réductions en effectuant de gros achats, ce qui n’est généralement pas le cas du client. Donc, le fait qu’il y ait une commission n’entraîne pas forcément un surcoût. Pour la majorité de nos sous-traitants, nous gérons l’aspect commercial des véhicules, tout le long de l’année, en garantissant un quota kilométrique annuel au transporteur. Nous leur trouvons donc le fret tant à l’aller qu’au retour. Le transporteur, de son côté, n’a donc plus de démarches commerciales à effectuer pour rentabiliser son véhicule. En contrepartie, il gère l’aspect technique du véhicule (réparation, entretien…) et nous garantit la fourniture du véhicule (ou d’un véhicule ou d’un chauffeur de remplacement) du 1er janvier au 31 décembre, et ce en respectant totalement la législation en vigueur dans le métier. Côté avantages, nous garantissons un service complet pour la gestion du fret. Cela permet au client de se concentrer sur son core-business. Vu qu’on développe aussi un service de douane, le client ne recevra qu’une seule facture. On essaie que nos clients aient le réflexe de penser Partner Logistic dès qu’ils pensent transport. De nombreuses sociétés ont compris notre manière de procéder et nous font de plus en plus souvent confiance. Notre clientèle fabrique essentiellement des produits à haute valeur ajoutée. Pour les produits de base, les entreprises n’ont généralement pas un réseau de clientèle très vaste donc elles font appel à d’autres transporteursspécialisés dans un type de transport adéquat à leur activité.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ? Qu’est-ce qui en fait l’attrait ?

C’est l’inverse de la monotonie! Il y a une telle diversité dans les missions de transport. Et puis, on doit toujours respecter les délais. C’est assez valorisant de relever tous les jours des défis. 

La profession de commissionnaire en transport a-t-elle évolué ces dernières années ?

Oui. Proposer un service complet en matière de logistique est un concept qui vient des Etats-Unis. Auparavant, il était inconcevable de passer par un intermédiaire pour effectuer un transport. A présent, cela peut se faire sans que cela ne coûte plus cher. D’autre part, le principe du just-intime, lancé voici une dizaine d’années, commence à devenir obsolète. Auparavant, on ne stockait pas chez soi, le stock était sur la route mais on dépensait davantage en transport. Aujourd’hui, on recrée des stocks afin d’avoir un approvisionnement moins tendu en termes de délais, doncmoins cher car moins urgent.

Quel conseil auriez-vous envie de donner à une personne intéressée par ce métier ?

Il faut suivre une formation, un bachelier en logistique ou un master économique. Avec toutes les qualités que j’ai citées ainsi qu’un ou deux ans d’expérience, je pense qu’il est possible de s’épanouir dans ce secteur. Dans ce métier, tellement diversifié et évoluant sans cesse, on ne peut pas tout connaître ; on apprend beaucoup sur le tas.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.