Journaliste sportif

Interview d'un journaliste sportif indépendant qui travaille à mi-temps pour plusieurs quotidiens.

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

Je suis licencié en communication appliquée, section « presse et information », licence que j'ai faite à l'IHECS (« Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales »). Une fois mon diplôme en poche, j'ai passé une année à Mechelen pour perfectionner mon néerlandais. Après cette année, j'ai postulé dans les différents groupes de journaux. Mais les quotidiens et hebdomadaires travaillent beaucoup avec des « free-lance » et cela m'effrayait un peu de devoir travailler comme indépendant.
Après avoir tergiversé quelques mois, j'ai passé mon CAP (Certificat d'aptitudes pédagogiques) qui me permettait d'enseigner. Pendant que je passais ce CAP en soirée, je continuais à rechercher activement du travail. Je me suis inscrit dans diverses agences intérims qui m'ont proposé des petits boulots mais je n'étais pas satisfait du type de job qu'on me proposait.
J'ai repris mon bâton de pèlerin et mis une petite annonce dans un quotidien en précisant que j'étais passionné de sport et de culture. Par chance, le responsable de l'édition de Charleroi de « Vers l'Avenir » l'a lue et m'a contacté pour me demander de faire une pige. Il m'a ainsi donné un sujet à traiter. Comme il était satisfait, il m'a donné de plus en plus de boulot ce qui m'a incité à finalement franchir le cap et à devenir indépendant.

Est-ce facile pour un indépendant de bien gagner sa vie dans le journalisme ?

Tout dépend du nombre d'articles que vous écrivez. Je suis payé à l'article, donc plus j'en écris plus je suis payé. Mais beaucoup de journalistes que j'ai côtoyés à mes débuts ont lâché prise. Pour ma part, de fil en aiguille, j'ai eu la chance que l'on m'ait renseigné auprès d'un hebdomadaire sportif national et auprès d'un autre quotidien. J'ai ainsi eu trois collaborations. Actuellement, il m'en reste encore deux.
Toutefois, ayant un appartement, une voiture et des impôts à payer, je parvenais tout juste à boucler mes fins de mois. C'est pourquoi j'ai cherché un mi-temps dans le domaine de la communication. Ce deuxième mi-temps me plaît tout autant et m'assure un salaire fixe par mois tandis que je continue à travailler dans le journalisme, qui reste ma passion.

Concrètement comment s'organise votre semaine ?

Je travaille le week-end, le lundi et le mardi pour les journaux et le mercredi, jeudi et vendredi dans la communication.

Vous travaillez tous les week-ends ?

Oui étant donné que je suis spécialisé dans le domaine sportif et que bon nombre d'événements se déroulent principalement le week-end. Il est vrai que je demande aussi beaucoup de travail donc mes semaines sont fort remplies. Je vais faire les reportages le week-end et tape les articles le lundi et le mardi, mais aussi parfois le dimanche soir si l'événement nécessite une parution le lendemain.

Comment travaillez-vous ?

J'ai plusieurs sources d'information. Travaillant depuis plusieurs années maintenant, les responsables sportifs prennent directement contact avec moi par téléphone ou par e-mail pour m'annoncer tel ou tel événement, pour m'inviter à une conférence de presse, ...
La Ville de Charleroi m'envoie aussi un fax tous les mercredi pour m'annoncer les événements sportifs de la semaine. Je fais également beaucoup de recherches sur les sites internet des différents clubs sportifs de la région que je couvre. Durant les fêtes, période où l'activité sportive est moins intense, je consacre une journée ou deux à passer en revue tous les événements de l'année qui va venir et les note dans mon agenda.
Chaque jeudi ou vendredi, je prends contact avec les journaux pour lesquels je collabore et leur indique ce que je compte faire le week-end. En fonction de l'intérêt qu'ils accordent à l'événement, ils acceptent ou pas.
Quand je fais un reportage, j'essaie de rencontrer l'organisateur ainsi que les acteurs principaux de l'événement. Par exemple, si c'est un match de foot, je regarde le match et je vais après à la sortie des vestiaires interroger l'entraîneur et quelques joueurs.
Je privilégie beaucoup le contact humain en me rendant sur le terrain. Depuis peu aussi, je me suis mis à prendre des photos. Bien évidemment, cela me rapporte un petit salaire mensuel d'appoint.

Quels sports couvrez-vous ?

Tous. L'édition carolo du journal pour lequel je travaille comporte assez peu de journalistes ce qui fait que je suis amené à tout couvrir. Bien sûr il y a des sports qui sont réservés à des vrais spécialistes : le tennis de table, le football, le basket... Mais dans l'ensemble je sais traiter de tout.
Je me définis comme un journaliste sportif polyvalent : l'athlétisme, les joggings, le handball, le tennis, le base-ball, le rugby, les arts martiaux, le judo,... je crois avoir déjà traité tous les sports au moins une fois depuis que je travaille !
Pour certains, couvrir des petits événements ou des sports dits « mineurs » peut paraître dévalorisant. Ca ne l'est pas pour moi. J'ai déjà couvert l'actualité de grands clubs sportifs mais, franchement, j'ai beaucoup plus de plaisir à aller sur de petits événements, ne fût-ce que pour l'accueil qu'on vous réserve. Les gens sont toujours très contents quand on parle d'eux.

Pratiquez-vous les langues dans l'exercice de votre métier ?

Cela m'arrive quand je dois interroger, par exemple, un nouveau joueur étranger, un néerlandophone ou un anglophone ou quand je suis amené à travailler dans le cadre d'un gros événement sportif comme l'a été l'Euro 2000 de football ou le « Women Tennis Trophy ».
Il m'arrive aussi parfois de faire une pige pour l'équipe culturelle et ainsi rencontrer un acteur ou un chanteur. Mais cela se fait plutôt rarement du fait que je ne travaille qu'à mi-temps.

Quels sont les aspects positifs de votre métier de journaliste ?

Au premier rang, je citerais l'écriture. C'est un réel plaisir pour moi d'être devant mon ordinateur en train de trouver des belles structures de phrases et des titres accrocheurs.
Il y a aussi les contacts humains qui se créent avec les collègues, les confrères mais aussi avec les gens que l'on rencontre. C'est un immense enrichissement personnel.

Et les aspects négatifs ?

L'insécurité de l'emploi dû à la régression des ventes de quotidiens en Belgique. Qui peut dire comment se portera la presse écrite dans 30 ans ? Je relèverais aussi les horaires forts irréguliers. Je n'ai quasi pas de week-ends. Pas évident donc de mener une vie de famille !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.