Luc Halbach,
Conseiller sécurité en logistique

Interview réalisée en février 2019

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel et comment en êtes-vous arrivé à travailler dans la logistique ?

Je suis ingénieur civil de formation. Après avoir été témoin de plusieurs accidents dans les entreprises où je travaillais, j’ai senti le besoin de me former en sécurité : j’ai alors acquis un certificat de conseiller en prévention de niveau 2 et ensuite de niveau 1. D’autre part, mon implication dans le développement de produits contenant des matières dangereuses m’a amené à m’intéresser à ce domaine et j’ai passé successivement mes certifications ADR (routier) pour toutes les classes, IATA (aérien) pour toutes les divisions et même 49CFR (spécifique aux Etats-Unis), étant donné nos activités sur ce continent. Au fil des années, le terrain m’a apporté une solide expérience. 

Qui conseillez-vous ? 

Principalement des sociétés qui agissent en tant qu’expéditeurs de matières dangereuses mais aussi des sociétés de transport.

Où trouve-t-on des conseillers sécurité en logistique ? 

Partout où des matières dangereuses sont déplacées sur la voie publique. Toutes les entreprises ou presque sont potentiellement concernées. Ainsi un hôpital génère des transports de gaz divers (tel que l’oxygène), de produits inflammables, corrosifs ou toxiques. Des éléments radioactifs (isotopes) sont aussi régulièrement acheminés… Les entreprises de transport sont, elles aussi, très logiquement concernées en fonction du type de produits qu’elles transportent (colis, transport en citernes, transport en vrac, etc.).

La fonction de conseiller peut être soit interne à l’entreprise, soit réalisée en tant que travailleur externe. Plusieurs conseillers peuvent éventuellement permettre à l’entreprise d’acquérir toutes les compétences nécessaires à ses propres activités.

Il me paraît toutefois important de souligner qu’il y a pas mal d’exemptions, souvent partielles, pour permettre de faciliter les expéditions de certains produits ou de produits chargés en quantités restreintes.

Pouvez-vous nous donner un ou plusieurs exemples concrets du travail du conseiller en logistique ? 

On commence par classifier la matière dangereuse, c’est-à-dire que l’on examine ses dangers potentiels lors de l’expédition prévue, et ce, en fonction du type de transport choisi. Ensuite, on prépare le conditionnement de cette matière pour son transport en suivant les règles établies dans les diverses législations. On emballe donc le produit et on place des marquages et des étiquetages sur le colis afin de bien montrer aux personnes qui le manipuleront quels seront les risques encourus. 

S’il s’agit de transport en citerne ou en vrac, on s’assure aussi du bon choix du matériel (citerne compatible avec le produit à transporter) ainsi que des éventuelles consignes de remplissage.

Lors du déchargement, on vérifie que les opérations restent parfaitement conformes aux exigences légales.

Que se passe-t-il en cas d’incident ou d’accident ? 

Des rapports doivent être rédigés, transmis à l’autorité de tutelle et l’on doit surtout s’assurer que les mesures adéquates seront prises dans les plus brefs délais afin d’éviter une répétition de l’évènement. Il est fondamental d’éviter les accidents par tous les moyens possibles. Il faut toutefois être conscient qu’il y a toujours un équilibre à trouver entre sécurité et activités économiques et que la recherche de ce dernier n’est pas toujours aussi simple que l’on pourrait le croire car cela représente un coût, qu’il soit financier ou même légal. 

Est-ce une profession répandue en Belgique ? 

Oui. Il y a pas mal de débouchés à l’heure actuelle car un certain nombre d’entreprises ne sont pas conscientes de leurs obligations en la matière. Et, comme toujours, peut-être manque-t-il de contrôles en suffisance ! Toutefois, cette fonction est souvent couplée avec d’autres responsabilités telles que, par exemple, la gestion de l’environnement, de la sécurité ou encore de la qualité.

Comment devient-on conseiller sécurité en logistique ? 

Il faut passer des examens afin d’obtenir les certificats requis. Il s’agit de certificats limités dans le temps, propres à certains types de matières dangereuses et des renouvellements sont donc obligatoires (aérien tous les deux ans, routier tous les cinq ans et pour les Etats-Unis tous les trois ans).

Et s’il fallait citer l’attrait n°1 du métier ?  

Le principal intérêt de cette activité réside à la fois dans la possibilité réelle d’apprendre sans cesse de nouvelles choses tout en œuvrant significativement et personnellement à rendre plus sûrs les transports de demain à la fois envers les personnes et envers l’environnement.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.