Marc Crépaux,
Charpentier en structures métalliques

Interview réalisée en juin 2017

Pouvez-vous nous présenter brièvement la société dans laquelle vous travaillez ?

La société Warzée est située à Hamois, en province de Namur. Outre la conception de machines agricoles et de génie civil qui est une de ses grosses activités, la société se distingue aussi dans la réalisation métallique. Elle répond aux demandes dans différents secteurs : bâtiments agricoles, halls de stockage, halls industriels, salles polyvalentes mais aussi habitations privées. 

Quelles sont ses activités ?

Nous proposons un système de conception à ossature métallique. Ce mode de fabrication permet de très bonnes performances en matière d'isolation. Il offre de nombreuses possibilités en volume et surface. Nous conseillons et accompagnons depuis la réalisation des plans de la construction jusqu'au montage. Nous réalisons des constructions « clé sur porte » : études et plans, fabrication dans nos ateliers ainsi que le montage et les finitions, parfois à même le chantier.

Comment définiriez-vous votre métier et en quoi consiste votre travail ?

Le charpentier métallique est un assembleur de pièces de métal qui formeront l’ossature d’un bâtiment. Mes tâches, ce sont la préparation, le découpage et l'assemblage de charpentes métalliques selon les plans des architectes et des dessinateurs industriels. J’exerce aussi bien sur chantier qu’en atelier.

Quels outils utilisez-vous dans l’exercice de votre métier ?

Principalement une plieuse, une poinçonneuse et une machine de découpage au laser. Certains charpentiers devront manipuler des engins de chantier, telle qu’une grue, pour soulever les éléments importants.

Quelles qualités faut-il réunir pour exercer la profession de charpentier métallique ?

Une excellente lecture de plans, être organisé, être très bon soudeur, méticuleux et consciencieux.

Le métier a-t-il évolué ces dernières années ?

Il a évolué de manière significative grâce à l'apport de l'informatique en matière de plan et de conception. J’ai d’ailleurs dû me former au dessin technique. Aujourd'hui, il est possible de tout faire en matière de charpentes diverses et variées, modernes, simples ou compliquées.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette profession ?

C'est un secteur en constante évolution. Le métier est varié, constructif, nouveau à chaque projet : les charpentes peuvent être fort différentes ! 

Quelles sont les contraintes du métier ? Comporte-t-il des risques pour la santé ?

Ce job comporte certains risques, effectivement. Le premier, c'est la manipulation des charges lourdes avec les outils et machines adéquats. Tout n’est pas manipulable aisément ! Le risque, c'est que la charge tombe avec pour conséquence des blessures graves si on ne prend pas les bonnes précautions. D'autre part, il nous arrive de travailler en hauteur, donc le risque de chute est présent, même avec le harnais de sécurité dont il faut toujours se munir.

Enfin, lors du soudage, il n'est pas impossible de se brûler mais là aussi, toutes les sécurités doivent être observées. Il y a notamment les sécurités incendie (il faut toujours avoir un extincteur à portée de main) mais aussi les équipements de protection (tablier en cuir, lunettes, casque, chaussures).

Ce métier est-il fort recherché sur le marché de l'emploi ? Constate-t-on une pénurie ?

Le métier oui, mais plus encore les personnes qui rassemblent l'entièreté des compétences, que ce soit en soudage, en assemblage, etc. Il n'est pas aisé de trouver la bonne personne combinant toutes les qualités nécessaires. La pénurie, selon moi, vient surtout du manque d'information des jeunes concernant l'attrait de cette profession pourtant enrichissante sur beaucoup de points.

Est-ce un métier d'avenir selon vous ?

La construction métallique a encore de l'avenir en Belgique tant que des entrepreneurs souhaiteront créer des entreprises industrielles modernes, au faible coût de construction. Mais aujourd'hui, les investisseurs potentiels se font de plus en plus rares et il faut penser à un avenir européen, voire mondial. C'est l'attrait du faible coût de ces constructions qui fait que, personnellement, je pense qu'il y a encore un avenir dans ce domaine.

Qu'auriez-vous envie de dire à une personne qui souhaite se lancer dans la profession de charpentier métallique ?

C’est un métier passionnant mais pas facile. Il y a des risques mais ils sont calculés. Il ne faut pas avoir peur de prendre des responsabilités. Il est attrayant de par sa diversité dans la conception, dans l'emploi de nouvelles machines et de nouvelles technologies qui nous permettent d'avancer plus vite dans la réalisation.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.