Marc Huart, Echantillonneur

Interview réalisée en mai 2010

Marc Huart est échantillonneur chez Vivaqua depuis depuis 11 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je fais des prélèvements pour contrôler la potabilité de l’eau chez des personnes privées comme dans des écoles, des homes ou des crèches. J’interviens aussi quand les gens se plaignent de la qualité de l’eau. Et je contrôle les nouvelles installations puisque l’eau qui y passe n’est pas directement potable. 

Je prends de l’eau en cuisine et je vérifie l’état des installations extérieures. Je fais des analyses sur place. Je mesure la teneur en chlore moi-même par exemple. Je porte ensuite les échantillons au laboratoire. J’effectue aussi des contrôles d’eaux usées. Je passe beaucoup de temps sur les routes.

Je suis spécialisé en débitmétrie et en pluviométrie. Je mesure le débit et la hauteur de l’eau de pluie dans les installations. J’effectue des prélèvements en fonction du débit, ce qui est utile dans le domaine des eaux usées. En effet, certaines entreprises doivent faire contrôler la qualité des eaux qu’elles rejettent dans le cadre de permis d’environnement et de la fixation des taxes auxquelles elles seront soumises. 

Je passe à peu près 75%  de mon temps sur le terrain. Le reste du temps, j’effectue des tâches administratives. J’ai aussi des contacts avec les clients Eaux usées. Je gère leurs dossiers. J’ai donc aussi un travail commercial. Bien que je n’effectue pas d’analyse en laboratoire, j’y passe régulièrement pour contrôler et étalonner les chloromètres de poche que j’utilise pour mesurer le taux de chlore de l’eau chez les gens. Les autres échantillonneurs ont moins de travail administratif et moins de contacts avec les clients. 

Ce métier est assez rare. Pour deux millions d’abonnés, nous ne sommes que deux échantillonneurs pour le secteur Production et quatre pour le secteur Distribution. Autrefois, cette fonction était confiée aux ouvriers qui avaient travaillé assidûment mais devaient changer de métier pour raisons de santé. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ! Ce métier demande de plus en plus de connaissances. Il faut être au moins technicien en chimie et savoir ce qu’est une conduite d’eau, un débit… J’ai eu un cours en hydraulique pendant mes études et cela me sert encore chaque jour.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut avoir des connaissances en chimie mais aussi en plomberie et savoir utiliser un ordinateur. Je dirais aussi qu’un bon préleveur d’eau a un bon contact avec les gens, le sens de l’observation, qu’il sait être patient en cas de plainte et comprendre ce que les gens veulent. Et puis, pour faire ce métier, mieux vaut ne pas être trop nerveux sur la route !

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

L’avantage, c’est d’être à l’extérieur et d’entrer en contact avec des gens différents. Je vois du pays ! Le gros inconvénient, c’est le trafic et le manque de places de parking. Et puis, comme j’effectue des contrôles porte-à-porte, les gens sont méfiants et ne veulent pas toujours me laisser entrer. J’essuie des refus, ce qui est parfois décourageant.

Quel est l’horaire de travail ?

Je travaille de 7h30 à 15h30, et parfois plus tard en cas d’urgence.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai un graduat en chimie. J’ai suivi une formation en débitmétrie, pluviométrie et échantillonnage organisée par l’Office international de l’Eau de Limoges. A ma connaissance, la France et l’Angleterre sont les seuls pays à proposer un tel cursus. Pour pouvoir s’inscrire, il faut avoir un diplôme d’études supérieures en chimie ou avoir une expérience professionnelle probante. Cette formation est très spécifique. Elle ouvre la porte à de nombreux emplois.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après mes études de chimie, j’ai déchargé des avions à Zaventem. J’ai ensuite travaillé dans une officine de pharmacie. J’y effectuais des préparations magistrales et je délivrais des médicaments. Puis j’ai été employé au service de taxation des eaux usées de l’Institut bruxellois de Gestion de l’Environnement. Ce travail, plus administratif, m’a offert l’opportunité de suivre la formation en débitmétrie qui m’a permis d’entrer chez Vivaqua.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Je n’ai pas vraiment choisi. J’étais ouvert à tout et l’opportunité s’est présentée.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

S’il est sympathique, bilingue, s’il aime se balader et avoir des contacts, je lui dirais que ce métier peut être intéressant. Cependant, nous avons de plus en plus d’analyses à effectuer sur place. Il est important d’avoir un diplôme et des connaissances scientifiques.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Un jour, j’ai effectué un prélèvement chez une charmante dame qui avait deux rottweilers. L’un d’eux avait grimpé dans ma camionnette à mon insu. Il s’était caché derrière une caisse. Quand j’ai démarré, j’ai entendu un boucan d’enfer. Le chien était effrayé. J’ai fait demi-tour pour le rendre à sa propriétaire sans tarder !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.