Mohamed Amarouch,
Conducteur de camion

Interview réalisée en mai 2008

Mohamed Amarouch est conducteur de camion pour Oxfam Solidarité depuis 9 ans

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Chez Oxfam Solidarité, les chauffeurs sont chargés d’enlever les objets à domicile ou de vider les cabines où les gens déposent les vêtements usagés.
Je sillonne Bruxelles en camion et je vide les cabines selon un itinéraire préétabli. Je rentre au dépôt et je décharge le camion. Les circuits sont identiques de semaine en semaine. Chaque arrêt dure de 15 à 45 minutes. Concrètement, je charge et je décharge près de trois tonnes de textile par jour. Comme je travaille ici depuis longtemps, j’effectue également d’autres tâches. Je suis devenu polyvalent.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut être en bonne santé, ne pas avoir peur de porter des poids ou de se salir les mains. Nous allons chercher des meubles dans les caves et les greniers des gens. Même dans les cabines, on retrouve n’importe quoi. Il faut être calme, gérer son stress dans les embouteillages et être très attentif parce que nos camions sont grands. Lorsqu’on est chargé d’enlever les marchandises à domicile, il faut aussi avoir l’œil et décider de ce qu’on prend ou pas, de ce qui pourra être revendable.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

J’aime la variété. Chaque jour est différent. Je ne pourrais pas rester dans un bureau. L’ambiance est très bonne dans l’équipe de l’entrepôt. L’inconvénient, c’est la saleté. J’ai déjà retrouvé des animaux morts dans les cabines, des vêtements très sales…

Quel est l’horaire de travail ?

Je travaille du lundi au vendredi de 8h à 16h. Mes horaires sont fixes, sauf lorsque nous participons à des festivités ou à des actions spéciales.

Quelles études avez-vous suivies pour accéder à votre profession ?

J’ai étudié la programmation informatique, ce qui n’a rien à voir avec mon métier… J’ai commencé chez Oxfam comme chauffeur de petites camionnettes. J’ai été formé par Oxfam à la petite brocante, au secourisme… et j’ai aussi passé mon permis poids lourd, évidemment !

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai travaillé comme indépendant dans le commerce, mais aussi comme employé. Je n’ai jamais aimé avoir un patron. Oxfam me convient bien pour cette raison. Nos supérieurs ne sont pas directifs. Nous bénéficions d’une certaine marge de manœuvre. J’ai commencé comme livreur, puis j’ai passé mon permis poids lourds, je suis devenu chauffeur, et, maintenant, je fais un peu tout ici, en fonction des besoins.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Je travaillais dans l’import-export de textile. Je ne voulais plus travailler dans ce domaine. Je n’ai pas vraiment choisi ce poste. Les circonstances m’y ont mené. Et je me retrouve, une fois de plus, dans le textile…

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je commencerais par lui dire qu’il ferait mieux de trouver un autre boulot ! Les rues sont de plus en plus étroites. Il devient impossible de se garer, le mazout est de plus en plus cher. Les horaires, dans le privé, sont très instables. Il faut se lever très tôt le matin, les salaires sont bas parce que les chauffeurs des pays de l’Est nous font une concurrence acharnée. Je dirais aussi que ce métier est un métier de liberté et de voyages… 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.