Pierrot Schmit, Vitrier

Monsieur schmit est vitrier et patron d'une sprl

Quel est votre parcours professionnel ?

Après des humanités greco-latines à Liège I, je me suis installé en tant que vitrier à l'âge de 23 ans.  Je suis aujourd'hui le patron d'une sprl et deux personnes travaillent pour moi.

En quoi consiste votre travail ?

En gros, il s'agit de fournitures et placements de produits verriers à verre plat (vitres, miroirs,...).

Le vitrier est un métier à part dans la construction.  Il y a, par exemple, moins de blessés dans mon secteur que dans celui de la menuiserie et, pourtant, un profane se dirigera plus facilement vers le travail du bois.  D'abord parce qu'il croit que travailler le bois est facile, ce qui, bien entendu, est complètement faux et, ensuite, parce que les enseignes « Brico » des grandes surfaces donnent l'impression que c'est accessible à tous.  Cette politique « racoleuse » n'existe pas en vitrerie et provoque moins de vocations.

Qui sont vos clients ?

Ma clientèle est essentiellement composée de particuliers.

A quel moment interviennent les vitriers dans une construction ?

Dès l'instant où les châssis sont placés, nous intervenons mais il faut faire remarquer que cela arrive de moins en moins souvent car aujourd'hui ce sont les fabricants de châssis qui vitrent directement en atelier.

Ce qui évolue aussi c'est que nous travaillons beaucoup au niveau de la décoration intérieure.

Quelles sont les qualités indispensables pour devenir vitrier ?

Avant tout, le plus important selon moi est d'aimer son métier.

La motivation est aussi primordiale.  Il faut aimer le travail bien fait, bien réalisé et être compétent.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Le plus important des avantages est une liberté totale, l'inconvénient c'est une mauvaise paye.

Cela est dû au fait que les charges sont très importantes pour engager quelqu'un et qu'il existe une disproportion énorme entre la marchandise et le facteur main-d'oeuvre et que beaucoup de personnes ont du mal à bien comprendre cela.

Est-ce un métier physiquement éprouvant ?

Bien sûr le métier est éprouvant.

Que pensez-vous des formations ?

Je pense qu'il existe une disparité énorme entre les formations scolaires théoriques et la pratique du métier.

Je ne comprends pas pourquoi la formation « sur le tas » n'est pas privilégiée. Un jeune de 18 ans me coûte à peu près 1400 €  par mois. C est énorme et avant de pouvoir récupérer cet investissement, il faut du temps et un jeune très motivé.  En plus en sortant de l école, il ne sait pas travailler, ce qui revient à dire qu on le paie cher pour lui apprendre un métier, alors que si vers 15 ans il avait pu réellement apprendre...

Quels conseils donneriez-vous à un jeune ?

S'il vient bosser juste pour toucher sa paie le vendredi, alors c'est fichu.  Par contre, il doit savoir que l'on gagne bien sa vie dans la construction à condition de ne pas avoir peur de travailler.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.