Le cantonnier de rivière est un maillon important de la protection et de la préservation de l'environnement. Il prend soin des rivières, ruisseaux, étangs et autres points d’eau. Il préserve ces milieux afin d’éviter les inondations. Il consolide les berges pour freiner l’action érosive et protéger les constructions et les terres agricoles avoisinantes. Une des techniques utilisées est le tunage. Il consiste à mettre en place une file de pieux sur le pied des berges. Des planches en bois (appelées contre-dosses) sont ensuite fixées sur ces piquets. Cette protection traditionnelle offre de nombreux avantages : elle maintient la perméabilité des berges, facilite leur re-végétalisation et permet le transit de la faune. 

Lorsque des roseaux, joncs ou plantes aquatiques indigènes envahissent un étang, cet homme de terrain procède au fauchage de ceux-ci. Cette opération redonne de la lumière au point d’eau qui peut alors reprendre vie. Dès le printemps suivant, la faune et la flore se redéveloppent rapidement.

Ce gardien et protecteur des cours d’eau ramasse les déchets charriés par l’eau et enlève les embâcles[1] pour éviter les débordements. Il débroussaille, élague et abat éventuellement les arbres aux alentours. Si nécessaire, il pose des barrages flottants pour arrêter les OFNI’s (objets flottants non identifiés). 

Lorsqu’un empoissonnement a été effectué dans une rivière, il entretient les aménagements mis en place pour protéger les poissons. Par ailleurs, il pose des barrières à batraciens afin d’éviter que ceux-ci ne se fassent écraser lors de leur migration. De juin à fin août, il élimine les plantes exotiques invasives pour laisser la place à la flore régionale. Il prépare et entretient le matériel nécessaire aux travaux qu’il réalise. Pour effectuer ses missions, ce surveillant des cours d’eau manipule différentes machines : tronçonneuse, débroussailleuse, désherbeuse thermique, taille-haie, etc.

Attentif au milieu naturel, il signale toute anomalie (aspect de l’eau, des berges, des poissons, etc.) aux services compétents (commune, province, région, SOS Pollution, Département de la Police et des Contrôles, etc.). Cet « homme de la rivière » peut également être en contact avec le public afin de le sensibiliser à la protection des cours d’eau. La lutte contre les comportements inciviques (par exemple : dépôt de déchets « sauvages », pulvérisation des berges, déversement de résidus d’hydrocarbures, etc.) est en effet une de ses priorités. En outre, le cantonnier est disponible pour répondre aux demandes des habitants proches des cours d’eau dont il a la charge. Il peut ainsi être appelé pour identifier une plante exotique invasive, enlever une entrave à l’écoulement de l’eau, etc.

Enfin, il effectue parfois quelques tâches administratives (comptes rendus d'observation, bilans de travaux, programme d'entretien, etc.).

[1] Obstructions d'un cours d’eau.

 

Compétences & actions

  • Connaitre la faune et la flore aquatique
  • Posséder des notions de sylviculture et de construction
  • Maitriser les techniques d’élagage, de débroussaillage, de faucardage[2] et de curage
  • Surveiller la qualité et de la propreté des cours d’eau
  • Vérifier l'état du lit, des berges et des aménagements (ponts, passerelles, etc.)
  • Effectuer la restauration écologique de milieux aquatiques (marais, mare, étang, etc.)
  • Réaliser la maintenance préventive et curative de premier niveau des équipements utilisés
  • Collaborer avec différents partenaires : communes, Service Public de Wallonie, DNF (Département de la Nature et des Forêts), PCDN (Plan Communal de Développement de la Nature), associations locales, etc.
  • Suivre les réglementations en vigueur
  • Savoir nager

[2] Opération de fauchage des végétaux qui bordent les cours d'eau pour assurer le bon écoulement de l'eau et éviter l'étouffement des rivières ou fossés par les proliférations végétales (problèmes d'oxygène, excès de matière organique, obstacle à la circulation des poissons, etc.).

Savoir-être

  • Respect de l’environnement
  • Sensibilité et ouverture à la protection de la nature
  • Bonne condition physique
  • Habileté manuelle
  • Rigueur et méthode
  • Autonomie
  • Réactivité
  • Facilité de contact

Cadre professionnel

Ses activités se déroulent dans la nature, par tous les temps. Une bonne condition physique est donc indispensable. Le cantonnier de rivière est parfois courbé ou dans des postures peu confortables. Pour des raisons de sécurité, il ne travaille jamais seul. Il est accompagné d’un collègue cantonnier, d’un stagiaire, d’un bénévole, etc. Il effectue un métier physique, parfois lourd. Ses horaires sont réguliers.

Il est généralement employé par une administration publique (commune, province, etc.), ou un Contrat de Rivière[3]

[3] Les Contrats de Rivière consistent à mettre autour d'une même table tous les acteurs de la vallée, en vue de définir consensuellement un programme d'actions de restauration des cours d'eau, de leurs abords et des ressources en eau du bassin. Sont invités à participer à cette démarche : les représentants des mondes politique, administratif, enseignant, socio-économique, associatif, scientifique… (environnement.wallonie.be)

Autres appellations : Eco-cantonnier·ère, Garde rivière, Agent·e d'entretien de rivière
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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