L’opérateur de travaux subaquatiques est un plongeur professionnel qui, équipé d’un scaphandre, réalise des inspections et des travaux en milieu aquatique ou hyperbare (milieu dans lequel la pression est supérieure à la pression atmosphérique). Il effectue sous l’eau des tâches qui se font généralement à l’air libre : forage, bétonnage, soudure, raccord de tuyauterie, pose de charpente, plomberie, pose de câbles et canalisations, démolition, dynamitage, etc. 

Cet homme-grenouille a de nombreuses cordes à son arc. En effet, il plonge dans les canaux, les ports, les réseaux de distribution d’eau, les égouts, les usines comme dans les centrales nucléaires. Il colmate les fuites, répare et remplace les pièces qui ne peuvent être atteintes depuis la terre ferme. Il inspecte les ponts, les écluses, les chenaux empruntés par les navires, les réseaux électriques souterrains ou toutes autres structures immergées. 

Il effectue également des travaux de réparation sur des navires, il découpe et démantèle des épaves (parfois en utilisant des explosifs) ou aide à construire un tunnel sous-marin (bétonnage, soudure, oxycoupage[1], dynamitage, etc.). Il opère aussi dans des installations pétrolières et éoliennes offshore et veille au bon état des fondations et des structures de ces colosses d’acier. Dans les lacs d’altitude, il inspecte et entretient les barrages. Dans le cadre d’un programme de recherches ou d’un projet documentaire, il filme, photographie ou intervient sur un chantier archéologique. Il peut également être amené à entretenir ses installations d’aquaculture. Enfin, ce plongeur travaille pour l’Etat, dans l’armée, pour défendre son pays ou pour rechercher des personnes disparues.

Ses interventions nécessitent de longues heures de préparation. En effet, rien n’est laissé au hasard dans ce métier à haut risque. Avant tout, il faut planifier la plongée et envisager toutes les possibilités en fonction du contexte afin de choisir le meilleur type d’intervention. Ensuite, il s’agit d’organiser et de coordonner les actions de chacun et de contrôler le matériel. Il est indispensable de respecter des procédures rigoureuses pour accéder à la profondeur du chantier, y réaliser les travaux et en sortir en toute sécurité. Afin d’éviter tout accident provoqué par une remontée en surface trop rapide, le scaphandrier, comme tout plongeur, effectue des paliers de décompression[2]

Lorsque la nature du chantier nécessite de travailler à une très grande profondeur et sur des durées importantes (de quelques jours à plusieurs semaines), la méthode de plongée en saturation peut être utilisée. Cette technique oblige les scaphandriers à vivre dans des caissons de surface pressurisés à la même pression que le fond (profondeur de travail), et ce, pendant toute la durée du chantier. La décompression ne s’effectue qu’à la fin du chantier et est réalisée sous surveillance permanente.

De retour sur la terre ferme, l’opérateur de travaux subaquatiques rédige des plans et des rapports d’activités.

[1] Découpage des métaux au chalumeau, au moyen d'un jet d'oxygène pur.

[2] Temps passé à une profondeur précise afin de réduire le taux d’azote ou d’hélium restant dans les tissus humains et d’éviter ainsi tout accident de décompression.

 

Compétences & actions

  • Posséder un certificat de plongée professionnelle ou assimilé
  • Respecter les procédures pour travailler en profondeur et remonter à la surface en toute sécurité
  • Manier les outils nécessaires selon l’intervention et la spécialité
  • Vérifier et entretenir le matériel de plongée (combinaison, scaphandre, profondimètre, etc.)
  • Evaluer les dangers (courants forts, mauvaise visibilité, obstacles, etc.)
  • Déplacer des objets lourds
  • Comprendre des schémas et des documents techniques
  • Gérer l’exécution technique d’un chantier

Savoir-être

  • Respect des normes de sécurité
  • Sens des responsabilités
  • Observation
  • Précision
  • Concentration
  • Polyvalence
  • Esprit d’équipe
  • Sang-froid
  • Prudence
  • Goût pour l’aventure
  • Bonne condition physique et acuité visuelle
  • Grande habileté et dextérité manuelle

Cadre professionnel

Ce plongeur a des horaires atypiques (soir, nuit, week-end, etc.) qui varient au fil des interventions. Eté comme hiver, il passe au maximum trois heures par jour dans l'eau, paliers compris. En termes de pénibilité de travail, cela correspond à six heures hors de l'eau. Souvent en déplacement, il est parfois amené à travailler à l’étranger. Avant de se mettre à l'eau, il doit s'équiper. Au total, sa tenue de travail pèse près de 45 kilos (le casque à lui seul pèse 15 kilos). Equipé d’une combinaison étanche et d’un scaphandre, il est relié à la surface par un tube appelé « narguilé » qui l’alimente en air et par un câble de communication. Il est suivi de près par un plongeur professionnel, prêt à intervenir en cas de problème.

L’opérateur de travaux subaquatiques manie différents outils. Il plonge en eau douce et en eau de mer. Son travail est dangereux (risques de noyade, d’hypoxie[1], de lésions, etc.) et s’effectue dans des conditions parfois difficiles : mauvaise visibilité, eau très froide, courants forts et imprévisibles, etc. Parfois, il travaille en milieu contaminé (pollution chimique, nucléaire ou biologique) ou dans des espaces très restreints (ex : piscine de stockage de combustible nucléaire). Son champs d’action est vaste : travaux d’inspection et de génie civil en milieu aquatique, chantiers maritimes et navals, recherche scientifique, aquaculture, archéologie sous-marine, protection civile, armée, pompiers, industrie pétrolière, cinéma sous-marin, etc.

[1] Diminution de la concentration d'oxygène dans le sang (larousse.fr).

Conditions requises

Les travailleurs doivent recevoir une formation spécifique et sont soumis à une évaluation de santé. 

Pour les travaux en immersion, les obligations suivantes sont en outre valables :

  • Chaque équipe de plongée doit comprendre au minimum un plongeur, un plongeur secours et un assistant de surface ; 
  • Les plongeurs doivent disposer du certificat de plongeur professionnel. Pour ce faire, ils doivent avoir suivi une formation dont le contenu est déterminé dans le titre 4 du livre V du code du bien-être au travail ; 
  • Les plongeurs doivent disposer d'un certificat d'aptitude dont il ressort qu'ils sont physiquement aptes à la plongée à l'air et aux mélanges suroxygénés à l'aide d'appareils respiratoires à circuit ouvert ;
  • Le registre[1] comprend les informations spécifiques aux travaux en immersion.

Source : Code du bien-être au travail du 28 avril 2017 (entré en vigueur le 12/06/2017) qui comprend tous les arrêtés d'exécution de la loi du 4 août 1996 relative au bien-être de travailleurs lors de l’exécution de leur travail (excepté l’arrêté royal du 25 janvier 2001 relatif aux chantiers temporaires ou mobiles).

[1] Un registre doit être tenu à jour sur le chantier, indiquant les travaux qui ont été réalisés, leur déroulement, la pression qui était présente et les adresses des services qui peuvent offrir les soins d'urgence ainsi que l'adresse de localisation du caisson de décompression le plus proche (source : Code du bien-être au travail).

Autres appellations : Scaphandrier·ère, Plongeur·euse-soudeur·euse
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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