Frans Serry, Menuisier charpentier

Comment se déroule une journée type de menuisier ?

Il n'y a pas vraiment de journée typique : aujourd'hui on place des portes, demain on place des châssis, c'est un métier très varié. On prépare les ébrasements dans l'atelier et lendemain, on va sur le chantier pour les placer.

Quel a été votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?

J'ai fait des études de menuiserie et ensuite j'ai pris un registre de commerce complémentaire. Quand mon fils m'a dit qu'il voulait également devenir menuisier, j'ai décidé de monter ma propre entreprise, après 23 ans de métier en tant que salarié.

Y a-t-il des compétences qu'un menuisier doit avoir et que l'on n'apprend pas à l'école ?

La pratique. C'est ce qui est le plus important et elle s'apprend avec le temps et l'expérience. Tout vient en travaillant, si tu ne travailles pas tu ne t'améliores pas.

Que pensez-vous des formations d'aujourd'hui ?

On n'apprend plus grand-chose à l'école. Les stagiaires que j'ai accueilli ne connaissaient pas assez de théorie et n'avaient pas assez d'heures de pratique à l'école. J'ai l'impression qu'ils n'apprennent pas bien le métier; l'école les forme seulement à utiliser les machines et pas à travailler à la main. Pourtant, en tant que menuisier, il faut apprendre à travailler à la main.

Quelles machines utilisez-vous ?

Nous utilisons de nombreuses machines dont la panneauteuse, la raboteuse (qui sert à dresser et à aplanir le bois), la scie à refendre, la défonceuse, la tenonneuse (servant à façonner des tenons, c'est-à-dire l'extrémité d'une pièce que l'on a façonnée pour la faire entrer dans un trou pratiqué dans une autre pièce destinée à être assemblée à la première), la toupie (pour réaliser des moulures, des entailles ou des fêlures), ...

Comment voyez-vous l'avenir de cette profession ?

On aura toujours besoin d'un menuisier. Il n'y aura jamais rien qui le remplacera. Il n'y a pas de miracle, une machine ne posera jamais un châssis. Il faut prendre les mesures, faire les finitions intérieures, ... je ne vois pas qui d'autre qu'un menuisier pourrait faire cela.

Quels sont les savoir-faire d'un bon menuisier ?

Travailler de ses mains, c'est très important. Tout le reste, c'est de l'usinage. Faire un châssis, ce n'est pas faire de la menuiserie, c'est de l'usinage. Dans le bâtiment, on embauche plus des gens pour faire des châssis. C'est la pose, les finitions, tout ce qui est menuiserie intérieure et tout ça...

Quelles sont les différences entre un menuisier indépendant et un menuisier salarié ?

Le salarié n'a pas de tracas. Enfin, il a sa confiance professionnelle et son savoir-faire mais il n'a pas de grandes responsabilités. Tandis que l'indépendant prend le risque de faire faillite si il ne travaille pas bien.

Est-ce une profession rentable ?

C'est l'amour du métier. C'est rentable quand on est capable de bien gérer son entreprise et aussi quand on aime ce que l'on fait.

Quels sont les risques du métier ?

Quand on travaille sur les toits, il y a toujours un danger. Les échafaudages, c'est la même chose. Même pour poser un châssis ou n'importe quoi d'autre, il y a toujours un risque de se blesser d'une façon ou d'une autre.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants en formation ?

La pratique et la théorie sont aussi importantes l'une que l'autre. Il faut connaître les différentes sortes de bois par exemple. On travaille de plus en plus le bois exotique et très peu le bois du pays. Chaque bois a sa spécialité. Certains conviennent mieux pour l'intérieur que pour l'extérieur, d'autres sont valables pour les deux. Et les bois travaillent différemment, il y en a qui sont allergiques à l'eau, d'autres pas.

Y a-t-il des spécialisations ?

Il y a des spécialisations. Mais dans tous les cas, la spécialité d'un menuisier c'est d'être polyvalent. Il doit savoir tout faire : poser des volets, des châssis, des portes, faire des meubles ou faire des toitures, il y a toujours quelque chose à faire.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.