Traditionnellement, l’anatomie est la science qui étudie la structure interne et les rapports dans l’espace des différents organes et tissus qui constituent les êtres vivants organisés. A l’origine, la morphologie est l’étude et la description de la forme extérieure des animaux ou des végétaux. De nos jours, cependant, anatomie et morphologie sont intimement liées et cette distinction a tendance à disparaître. La morphologie englobe ainsi structures internes et externes. C’est l’objet d’étude qui tend encore à les distinguer. On parle plus fréquemment d’anatomie dans les sciences qui étudient exclusivement l’être humain ou la pratique médicale : médecine, sciences biomédicales, médecine vétérinaire (anatomie canine ou équine par exemple), anthropologie [1], mais aussi biologie humaine. Chez les biologistes qui étudient les structures de tous les organismes vivants (animaux ou végétaux), la discipline prend le plus souvent le nom de morphologie.

L'anatomiste dirige des recherches sur la structure, la composition biochimique, le développement et les interactions des tissus et organes qui composent le corps humain ou celui d'un animal. Il s'intéresse à tous les éléments situés à l'intérieur de l'organisme (squelette, articulations, muscles, système nerveux, système digestif, système respiratoire, organes reproducteurs, etc.). Il réalise notamment des expériences sur les mécanismes de réaction des tissus vivants après une intervention médicale ou biotechnologique (greffes d'organe, prise de médicaments, manipulations génétiques, fécondation in vitro [2], cultures cellulaires). Les renseignements anatomiques sont obtenus grâce à la dissection ou par l'utilisation de différentes techniques de radiographie. Là où le biologiste anatomiste effectue uniquement des recherches fondamentales destinées à produire des connaissances et des savoirs nouveaux, le médecin anatomiste peut en outre les appliquer au quotidien dans sa pratique médicale. Ce dernier peut se spécialiser, par exemple en neuro-anatomie (anatomie du cerveau), en anatomopathologie (anatomie des tissus ou organes malades), etc. Il est parfois sollicité pour effectuer des autopsies d'intérêt médical.;

Le morphologiste est un biologiste qui essaie d’identifier les causes et les facteurs qui expliquent les variations des phénotypes, c’est-à-dire l’ensemble des caractères observables chez les organismes vivants. Par exemple, il peut chercher à comprendre ce qui va déterminer la couleur des cheveux ou des yeux. Par des observations et des mesures, il décrit et quantifie la morphologie des mollusques, des crustacés, des poissons, des batraciens, des reptiles, des mammifères, mais aussi des plantes (morphologie végétale en botanique). Le morphologiste peut se spécialiser en travaillant sur un organisme en particulier ou dans une sous-section de la discipline : la morphologie fonctionnelle (qui lie la morphologie d’un organisme avec sa fonction), l’éco-morphologie (qui lie la forme d’un organisme à son environnement), la morphologie comparée (comparaison entre espèces, entre populations), ou la morphologie évolutive (qui se penche sur les variations morphologiques d’un organisme au cours de son évolution).

L’anatomiste et le morphologiste contrôlent rigoureusement les aspects méthodologiques de leurs recherches et expériences, afin de pouvoir justifier tous les phénomènes observés. Ils veillent à communiquer leurs résultats au monde scientifique en vue de favoriser l’avancement d’autres recherches, notamment en médecine et en biologie. Les échanges scientifiques tiennent une place primordiale dans leurs activités : ils participent à des colloques nationaux et internationaux qui leur permettent de partager leurs connaissances et de les étoffer.

[1] Science qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, à la fois physiques (anatomiques, morphologiques, physiologiques, évolutifs, etc.) et culturels (sociaux, religieux, psychologiques, géographiques, etc.). Ici nous parlons de l’anthropologie physique uniquement.

[2] Technique de procréation médicalement assistée. La fécondation in vitro est réalisée à l’extérieur du corps de la mère, contrairement à la fécondation naturelle dite in vivo.

 

Compétences & actions

  • Posséder de vastes connaissances scientifiques (biologie, mais aussi mathématiques, physique et chimie)
  • Parler et lire l’anglais et éventuellement d’autres langues étrangères
  • Procéder à des expériences et dissections
  • Prendre des mesures sur des spécimens vivants ou morts ou sur des clichés photographiques ou radiographiques
  • Rédiger des articles scientifiques
  • S’instruire continuellement et lire la littérature spécialisée
  • Collaborer avec d’autres chercheurs
  • Utiliser du matériel informatique et technique de pointe

Savoir-être

  • Rigueur et précision
  • Observation
  • Remise en question et ouverture d’esprit
  • Patience et persévérance
  • Curiosité
  • Sang-froid et maîtrise de soi
  • Autonomie

Cadre professionnel

L’anatomiste et le morphologiste se retrouvent presque exclusivement dans le secteur de la recherche publique : universités (Instituts d’Anatomie, laboratoires de morphologie, etc.) et centres publics de recherche. Ces chercheurs travaillent souvent sous statut de boursiers [1]. On peut également les employer au sein des laboratoires d’hôpitaux ou de cliniques (principalement l’anatomiste). Dans le secteur privé, ils trouvent plus rarement place au sein de laboratoires d’entreprises biomédicales ou pharmaceutiques.

Leurs horaires sont irréguliers, les recherches nécessitant souvent du travail en soirée et le week-end. Ils se déplacent régulièrement à l’étranger pour participer à des colloques, conférences et congrès scientifiques internationaux ou pour observer des organismes, sur le terrain ou dans les collections des musées.

Ils travaillent en collaboration avec d’autres chercheurs et futurs chercheurs. Avec l’expérience, ils sont parfois amenés à prendre la direction d’un laboratoire de recherche ou la responsabilité d’une étude clinique et à diriger du personnel.

[1] Bourses du Fonds de la Recherche Scientifique (FRS-FNRS), du Ministère de la Politique scientifique, du Fonds pour la Formation à la Recherche dans l'Industrie et dans l'Agriculture (FRIA), de l’Union Européenne, de l’OTAN, etc.


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