L’hydrobiologiste est le spécialiste de l’eau, en particulier de l’état biologique des milieux aquatiques : fleuves, rivières, cours d’eau, ruisseaux, sources, lacs, étangs, marais, plans d’eaux, etc. Il dresse des bilans et gère des suivis d’études demandés par son employeur pour définir les mesures à prendre pour améliorer la qualité de l’eau et de la vie dans la zone concernée. Le plus souvent, il intervient sur les cours et plans d’eau lorsque ceux-ci présentent les symptômes d’une contamination : couleur suspecte, développement anormal d’algues, mortalité soudaine de poissons, etc. Il est en quelque sorte le « médecin » de l’eau.

Concrètement, il prépare son travail en laboratoire, mais aussi en se documentant sur le sujet. En se rendant ensuite sur le terrain, il prélève des échantillons d’eau et les rapporte en laboratoire pour les analyser (observations au microscope, culture de cellules, etc.). Il dresse un diagnostic des répercussions observées sur la faune et la flore du milieu (algues, insectes, poissons, micro-organismes aquatiques) et recense les facteurs qui ont un impact sur ces habitants (pollutions, nuisances).

Ses recherches peuvent aller de l’étude des algues aux effets des polluants d’origine agricole ou industrielle sur l’environnement, en passant par la vie des larves dans les rivières ou la disparition de certains poissons dans les lacs. En fonction de ses conclusions, il arrête un programme de protection du milieu qui peut préconiser diverses mesures : repeuplement des rivières, gestion piscicole[1], gestion hydraulique, mise en place d’une station d’épuration, aménagements locaux, modification des pratiques agricoles et/ou industrielles, etc. Il définit les dispositions à prendre pour atteindre ces objectifs en fonction des moyens financiers disponibles et conformément aux règlements en vigueur. Il prépare des arguments écologiques, économiques, juridiques ou sociaux, pour que les enjeux des milieux aquatiques soient pris en compte dans les politiques de gestion et pour tenter de convaincre les décideurs (publics ou privés) du bien-fondé de ces mesures.

Soucieux du bon rétablissement de son « patient », l’hydrobiologiste suit l’application du programme préconisé et ses effets sur le milieu. Il évalue l’impact des mesures sur l’environnement et ajuste éventuellement ses recommandations. Son travail permet également de contribuer au recensement des espèces en danger, des pollutions, des usages et pratiques qui ont un impact négatif sur les espèces aquatiques. Son expertise peut être sollicitée par des promoteurs de travaux dans le cadre d’études préliminaires aux grands projets d’infrastructures. Par exemple, il peut intervenir dans le cadre de l’implantation d’une centrale nucléaire ou dans le domaine des transports, si le tracé d’une nouvelle autoroute ou voie de chemin de fer risque de mettre en péril des milieux naturels.

Une partie non négligeable de son temps est consacrée à la rédaction de rapports, articles et ouvrages scientifiques et à la diffusion des résultats de ses recherches, notamment en participant à des congrès et colloques. En mettant en valeur les données recueillies de manière claire et attractive, il cherche à éveiller l’intérêt de son public et lui faire prendre conscience des risques encourus pour l’environnement.

 

[1] Pisciculture : élevage de poissons.

 

Compétences & actions

  • Posséder de vastes connaissances scientifiques (biologie, écologie, botanique, zoologie, écotoxicologie, mais aussi mathématiques, physique et chimie)
  • Lire et parler l’anglais et éventuellement d’autres langues étrangères
  • Réaliser, reproduire et analyser des expériences
  • Expertiser les données et vérifier des hypothèses
  • Rédiger des rapports et synthèses scientifiques et techniques
  • S’instruire continuellement et lire la littérature spécialisée
  • Collaborer avec d’autres chercheurs
  • Gérer des projets de recherche
  • Diriger un laboratoire et encadrer une équipe de techniciens
  • Evaluer les dangers et risques vis-à-vis de l’environnement
  • Préconiser des actions correctives ou préventives
  • Participer à des groupes de travail
  • Argumenter avec conviction
  • Vulgariser son propos et assurer un rôle de médiateur scientifique
  • Gérer les relations avec les administrations publiques
  • Utiliser du matériel informatique et technique de pointe
  • Savoir nager peut s’avérer utile

Savoir-être

  • Rigueur et précision
  • Observation
  • Remise en question
  • Logique
  • Patience et persévérance
  • Habilité manuelle et méticulosité
  • Organisation et méthode
  • Adaptation et autonomie
  • Esprit d’analyse et de synthèse
  • Capacités de communication (argumentation, négociation et persuasion)
  • Diplomatie
  • Curiosité
  • Bonne condition physique

Cadre professionnel

L’hydrobiologiste peut être employé au sein de pouvoirs publics, d’instituts de recherches publics ou privés, d’agences environnementales et de l’eau, de stations d’épuration, d’entreprises agricoles et industrielles (notamment dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture), de grands groupes chimiques ou de l’industrie extractive (pour contrôler leur pollution des cours d’eau, des nappes phréatiques, etc.), de laboratoires et sociétés d’expertise en environnement, de bureaux d’études spécialisés, dans les associations de défense de l’environnement, des espèces aquatiques ou de protection de la biodiversité, etc.

Le travail s’effectue en équipe, en collaboration avec des techniciens, d’autres spécialistes et des représentants des pouvoirs publics. Le métier n’est pas sans risque : la manipulation de substances toxiques peut comporter des dangers et nécessite de porter un matériel de protection lors des expérimentations en laboratoire, mais aussi lors des visites et récoltes d’échantillons sur le terrain (au bord des rivières, des lacs, etc.). Il partage son temps entre l’eau, le laboratoire et le bureau. Enfin, il se déplace aussi pour participer à des congrès scientifiques internationaux. Ses horaires peuvent être flexibles, principalement en cas d’urgence (pollution accidentelle).


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