Les métiers de l'immobilier

Anaïs Vastersaegher

Publié en Novembre 2022  —  Magazine précédent  —  Tous les magazines
magazine immobilier

L’expression est bien connue, le belge a une brique dans le ventre. En 20 ans, 45.000 habitations ont été construites dans notre pays. Cet accroissement de logements initié par des particuliers et des professionnels a fait grimper le nombre de géomètres et de promoteurs immobiliers.

Grâce à des taux d’intérêt très bas, de nombreux particuliers ont investi. Afin d’administrer des parcs immobiliers parfois importants, certains font appel à des régisseurs de biens immobiliers qui s’occupent de missions propres aux propriétaires.

Pour promouvoir les biens qu’ils louent et vendent, les agents immobiliers ont changé leur manière de communiquer. L’arrivée des nouvelles technologies a rendu indispensable le développement d’un site web afin de s’adapter au nouveau mode de fonctionnement des consommateurs. En quelques clics, des photos 3D et visites virtuelles permettent de s’immerger totalement dans un bien. La découverte est alors sous le contrôle de l’internaute qui fait le tour du logement tout en restant derrière son écran. De nombreuses agences immobilières cherchent à se démarquer de la concurrence en proposant désormais des prises de vues aériennes (photos et vidéos) réalisées grâce à un drone.

Un autre boom s’est produit récemment dans le secteur de l’immobilier : la colocation. Elle touche tous types de publics : étudiants, jeunes travailleurs, personnes à revenus modestes, seniors, etc. Cette pratique, très courante dans le milieu estudiantin, s’est peu à peu étendue aux autres couches sociales notamment pour supporter et réduire les charges, pour rompre l’isolement, par nécessité ou simplement par amitié.

En 2018, la Région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie ont décidé de réglementer ce mode d’habiter. Un nouveau bail de colocation a été mis en place afin d’assurer une sécurité pour tous les occupants et pour le bailleur.

A l’heure actuelle, les agences immobilières sociales (AIS) prennent également de l’ampleur. Une AIS met à disposition des biens publics ou privés pour des personnes à faibles revenus. Ces logements proposent un loyer attractif et sont soumis à une règlementation concernant l’insalubrité. Ce type d’agence joue un rôle d’intermédiaire entre le propriétaire et le locataire. Pour le propriétaire, elle a une mission de gestion locative : recherche de locataires, état des lieux, suivi des paiements, aide pour l’exonération ou la réduction du précompte immobilier, garantie d’un loyer chaque mois, etc. D’autre part, l’AIS poursuit une mission d’accompagnement social auprès des locataires. Les AIS mettent en location des logements qui ne leur appartiennent pas, au contraire des sociétés de logement sociaux qui sont propriétaires des biens qu’elles louent.

Enfin, dans le but de lutter contre le réchauffement climatique, de nombreuses réglementations ont été mises en place pour limiter la consommation d’énergie dans les bâtiments et promouvoir les énergies renouvelables. Par conséquent, de nouveaux métiers se sont développés pour faire face aux nouvelles exigences énergétiques des bâtiments. Par exemple, l’auditeur énergétique est spécialisé dans l’évaluation et le conseil pour rénover des bâtiments afin qu’ils soient moins énergivores.

Ce magazine vous permettra en quelques clics de découvrir les métiers liés au domaine de l’immobilier. Bonne lecture !

 

Les métiers

 

Autant savoir

Les habitats alternatifs

Le respect de l’environnement est une des préoccupations majeures de notre société. En matière de logement, les habitats alternatifs (ou « habitats légers ») séduisent les personnes qui souhaitent réduire leur empreinte écologique et revenir à un style de vie plus simple, minimaliste, centré sur les besoins réels. Il s’agit de logements souvent sans fondation, plus petits, à faible consommation énergétique, construits en matériaux écologiques, recyclés ou renouvelables. En Belgique, environ 25000 personnes vivent dans ce type d’habitation.

Le souhait d’un retour à l’essentiel et de prise de distance par rapport à la société de consommation n’est cependant pas la première raison qui conduit certains à choisir ce mode de vie plus proche de la nature. En effet, nombreux sont ceux qui vivent dans ce type de logement pour des raisons économiques (chômage prolongé, accident de la vie, petite retraite, etc.).

Avant 2019, les habitats légers devaient respecter les normes imposées classiquement aux maisons traditionnelles, notamment en termes de salubrité ou de performances énergétiques. Ces exigences étaient peu adaptées aux habitats alternatifs. En 2019, le Code wallon du logement et de l’habitat durable (CWLHD) a fait place au Code wallon de l’habitation durable (CWHD). L’habitat léger y est défini et les conditions de reconnaissances y sont détaillées. On distingue à présent le « logement » – « bâtiment ou partie de bâtiment structurellement destiné à l’habitation d’un ou plusieurs ménages » – de « l’habitation légère » qui « ne répond pas à la définition de logement mais qui satisfait à au moins trois des caractéristiques suivantes : démontable, déplaçable, d’un volume réduit, d’un faible poids, ayant une emprise au sol limitée, auto-construite, sans étage, sans fondation, qui n’est pas raccordée aux impétrants[1] ».

Faisons un petit tour d’horizon des habitats alternatifs les plus connus…

La yourte est d’origine mongole et existe depuis 2.000 ans. Elle se monte et se démonte facilement. C’est une tente ronde de 11 à 60m² résistante en toute saison. Elle est posée sur un plancher et peut être aménagée comme une maison avec un espace cuisine et une salle de bain.

La roulotte est l’habitat traditionnel du nomadisme. Il s’agit d’un logement clos, sur roues, qui, à l’origine, était tracté par des bovins, ânes ou chevaux et pouvait abriter une famille. Cette cabane itinérante en bois fut anciennement utilisée par les tziganes et les romanichels pour fuir les conflits et les invasions musulmanes dans le nord de l’Inde et sa périphérie, il y a 1.000 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, la caravane remplaça progressivement la roulotte qui passa au second plan. Cependant, elle connait aujourd’hui un véritable regain d’intérêt. Non seulement, elle attire les touristes à la recherche d’un hébergement atypique pour passer leurs vacances, mais elle séduit aussi des personnes désireuses de vivre plus proches de la nature.

La cabane est une maison arboricole installée au sein d’un ou plusieurs arbres. Elle ne nécessite pas de déboisement. Elle est en bois car c’est un matériau léger et les supports sont en acier. Elle peut être utilisée en tant qu’abri, habitation, espace de travail ou récréatif. Le nombre de cabanes pour le tourisme augmente car l’investissement est peu élevé et le temps de construction est court. Dans certains pays ou régions, ce type d’habitation est utilisé pour protéger des dangers tels que des inondations, des attaques d’animaux sauvages, etc. Une cabane peut également être montée sur pilotis. Dans ce cas, il s’agit d’une structure surélevée, bâtie souvent sur l’eau, mais aussi sur terre ou sur du sable.

La tiny house (maison minuscule en français) fut inventée en 1929 aux Etats-Unis suite à la crise économique et industrielle qui a touché le pays à cette époque. Cet habitat peu coûteux à construire et à entretenir se situe entre une roulotte et une maison. Il a une superficie de 15m² en moyenne. La tiny house est posée sur une remorque tirée par un véhicule et elle ne peut excéder les 3.2 tonnes afin de pouvoir circuler sur les routes.

Etats des lieux du secteur de l’immobilier :

Selon le rapport 2019 de l’IPI[2], il y a 10.630 agents immobiliers en Belgique (7.256 hommes et 3.374 femmes). Parmi ces professionnels, 8.377 personnes sont titulaires, 2.197 sont stagiaires et 56 agents immobiliers exercent dans un autre pays européen.

En 2019, parmi les 2.197 stagiaires de l’IPI, seuls 124 candidats se destinaient uniquement à la gestion de copropriétés et 159 personnes se formaient simultanément aux métiers de gestionnaire de copropriétés et d’agent immobilier.

On dénombre 64 sociétés de logements sociaux en Wallonie, ce qui représente quelque 101.000 habitats à gérer par les directeurs-gérants des logements sociaux. C’est dans les provinces de Hainaut (48%) et de Liège (34,7%) qu’il y en a le plus. A Bruxelles, il existe 16 sociétés immobilières de service public (SISP).

Le profil de géomètre est principalement recherché par des entreprises privées, des services de la construction ou des administrations publiques. Quatre offres d’emplois sur dix permettent aux diplômés d’obtenir un poste à durée indéterminée à temps plein. Les demandes émanent principalement de la province de Liège (29%), du Hainaut (15%) et de Namur (11%).

Depuis avril 2019, toute demande de prime énergie en Wallonie est conditionnée par un audit énergétique préalable. Il faut donc faire appel à un auditeur énergétique indépendant pour lister, hiérarchiser et éventuellement assurer le suivi des travaux. L'Association des Professionnels des Etudes énergétiques des Bâtiments (Asbl PEEB) estime qu'il faut au minimum 600 auditeurs indépendants à temps plein pour remplir cette mission, voire plus selon l'ampleur des demandes de primes et il manque actuellement 400 professionnels[3].

Les promoteurs immobiliers sont présents partout en Wallonie avec une majorité pour Liège (58 promoteurs), suivie par le Hainaut (23), le Brabant wallon (19), Namur (14) et, finalement, le Luxembourg (7). A Bruxelles, le site Immoweb référence 47 promoteurs.

[1] Électricité, gaz, eau, téléphone, égouttage, télédistribution.

[2] Institut professionnel des agents immobiliers.

[3] Primes énergie : on risque de manquer d'auditeurs, L'Avenir, 26 février 2019.

 

Bonnes adresses

ABEX 

Association Belge des Experts : www.abex.be

ABSA

Association Belge des Syndics et Administrateurs de Biens : www.absa.be

AGELg

Association Liégeoise des Géomètres : www.agelg.be

CIB

Confédération des Immobiliers de Belgique : www.cib.be

CIBEX

Chambre des Experts Immobiliers de Belgique : www.cibex.be

Confédération royale des géomètres-experts

Site : www.kcle-crge.be

Conseil fédéral des géomètres-experts

Site : https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/creer-une-entreprise/conditions-dacces-la/les-geometres-experts

Federia ASBL

Fédération des agents immobiliers francophones de Belgique : www.federia.immo/fr/

FIG

Fédération Internationale des Géomètres : www.fig.net

Notaire.be

Informations juridiques pour la Belgique en matière de famille, immobilier, sociétés et médiation : www.notaire.be

IPI

Institut Professionnel des Agents Immobiliers : www.ipi.be

Portail environnement de Bruxelles

Site : https://environnement.brussels

Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale

Site : www.slrb.irisnet.be/fr

Société Wallonne du Logement

Site : www.swl.be

UGEC

Union Royale des Géomètres Experts Immobiliers de Charleroi-Thuin et extension : www.ugec.be

UGEB-ULEB asbl

Société Royale de Géomètres-Experts Immobiliers : www.ugeb-uleb.be 

OBGE

Ordre Belge des Géomètres-Experts asbl : www.obge-bole.be

UFS

Union Francophone des Syndics : www.ufsyndics.be

UPSI

Union Professionnelle du Secteur Immobilier : www.upsi-bvs.be

UPI

Union de Professions Immobilières de Belgique : www.upi-uib.be 

Wallonie énergie SPW

Site : energie.wallonie.be

 
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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