Musique et danse Musique & danse Magazine n°44

Publié en Juin 2017  —  Magazine précédent / suivant  —  Archives
photo couverture musique

Chanter sous la douche, écouter la radio, télécharger ou jouer de la musique, danser lors d’une soirée… la danse et surtout la musique font partie intégrante de la vie de chacun. Si la plupart des personnes se lancent timidement, à titre d’amateurs, il s’avère que ces deux domaines plutôt exigeants se sont professionnalisés pour faire place à de véritables artistes, reconnus pour leurs talents. Sur scène ou en coulisses, en studio ou devant une foule en délire, en tutu ou en costume traditionnel, ces artistes transmettent leurs émotions grâce à leur maitrise des instruments de musique mais aussi d’autres outils comme la voix et le corps.

Le domaine de la musique est un domaine très vaste et très riche, dans lequel on distingue les interprètes (musiciens, chanteurs…) des artisans (luthiers, facteurs…) et des professionnels de l’ombre (le compositeur, l’arrangeur, le musicologue…). La musique recouvre de nombreux métiers très divers et touchant à des domaines variés (arts de la scène, édition, enseignement, recherche, vente, production, administration…). De plus, ce qui fait aussi et surtout la richesse de ce domaine, ce sont les nombreux styles auxquels il fait référence : du classique au rock, en passant par mes musiques du monde ou le hip-hop, la musique regorge de genres destinés à plaire à toutes les oreilles et à toutes les voix.

Pourtant, bien qu’elle soit partout, la musique éprouve encore des difficultés à évoluer dans un cadre professionnel précis. Statuts et contrats incertains, horaire irréguliers, déplacements fréquents, salaires variables….les artistes professionnels qui ont décidé de franchir le cap de l’amateurisme sont surtout guidés et motivés par la passion qu’ils nourrissent envers cet art. Certains ont suivi une formation plus ou moins longue, d’autres sont plutôt autodidactes, mais tous parlent de leur métier avec enthousiasme, car travailler dans la musique est un métier, un vrai. Avec énergie et talent, les artistes de la musique, dans lesquels sont compris les chanteurs, peuvent connaitre une carrière originale et gratifiante tout en restant bien conscients des exigences liées au parcours.

Quant à la danse, discipline sportive pour les uns, artistique pour les autres, elle n’est pas toujours reconnue en tant qu’art. Ce manque de reconnaissance se remarque notamment dans l’offre de formations qui reste très pauvre en Communauté française. Classique ou moderne, il s’avère pourtant que la danse rencontre un véritable engouement parmi les jeunes. Véritable exutoire et souvent considérée comme un moyen d’expression et de communication au même titre que la musique ou le chant, la danse a évolué, attirant de plus en plus d’adeptes.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les métiers de la danse sont multiples et très différents. Il y a bien entendu le danseur, le chorégraphe qui font partie des métiers les plus courants mais au-delà de la scène, d’autres professionnels s’expriment également en coulisses, tant au niveau technique que de l’organisation, de la promotion ou de la diffusion. De plus, si la danse fait partie des arts de la scène, le discipline est également enseignée, présente dans les médias, dans la culture en général ou utilisée sous forme de thérapie. De plus en plus de compagnies naissent en Belgique, des structures professionnelles de diffusion et de formation se mettent en place, les styles se multiplient, influencés par les rythmes du monde entier.

Loin des paillettes et des rêves illusoires de célébrité immédiate (et souvent éphémère) par lesquels tant de jeunes se laissent séduire ; ce magazine consacré à la musique et à la danse propose un panorama loin d’être exhaustif, des différentes voies possibles.

 

Les métiers

 

Autant savoir

Petit historique de la musique

L’accès à l’enseignement de la musique classique n’a pas toujours été aussi « simple ». Jusqu’à la fin du 18e siècle, seuls les enfants  issus de familles de musiciens ou de familles plus aisées avaient la possibilité de s’orienter vers ce type de métiers. L’enseignement de la musique classique était réservé à une classe de privilégiés. Au lendemain de la Révolution française, on commence à envisager un enseignement de la musique qui serait public et donc, plus accessible. Cette idée de démocratisation a évolué dans le courant du 19e siècle pour se concrétiser véritablement après la Seconde Guerre Mondiale, avec l’ouverture des académies et des conservatoires. Depuis, tout un chacun (ou presque) peut recevoir un enseignement de qualité, plus accessible financièrement. Aujourd’hui, même si la musique classique et plus particulièrement l’opéra, conserve malgré tout un caractère élitiste, elle touche de plus en plus un public provenant de multiples horizons. Les différents opérateurs culturels, comme les opéras par exemple, multiplient en tout cas les actions en ce sens.

Le secteur de la musique non classique couvre un vaste champ culturel, allant de la chanson française pour adultes ou enfants, au jazz en passant par le rock, el rap, la pop, la techno, le folk ou encore les musiques dites ethniques et métissées. Même si certains spécialistes ont tendance à vouloir classer la musique classique parmi les musiques dites « sérieuses » et les autres dans la catégorie des « non-sérieuses », il n’en reste pas moins que ces dernières prennent de plus en plus leurs marques dans le paysage musical actuel.

En Belgique, le jazz reste le seul genre, avec le classique et l’électroacoustique, à faire partie des programmes de cours des conservatoires et écoles de musique, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. En effet, on considère que l’insertion du jazz dans les institutions pédagogiques s’est produite il y a environ 25 ou 30 ans. Fort de cette reconnaissance, le jazz se développe donc grâce notamment aux « big-bands » et aux nombreux festivals qui foisonnent tant en Belgique qu’à l’étranger.

Vers les années 1970, le jazz doit composer avec la percée d’un autre style musical : le rock. Débarqué d’Angleterre dans les années 1960, ce nouveau genre donne naissance à d’autres styles comme le hard-rock, le folk-rock, le country, le heavy-metal, etc. A ses côtés, se développent également la pop-music, le ska, le disco, la dance et d’autres styles propres aux années 80. De son côté, la chanson française va recevoir des influences de plus en plus diverses alors que les chanteurs français doivent faire face aux concurrents anglais. Sans compter l’apparition du CD, d’internet et d’autres technologies.

D’autres styles, comme par exemple le rap, sont apparus en Belgique dans les années 90. S’ils ne sont pas représentés au sein des institutions pédagogiques (sauf pour l’électroacoustique), leurs empreintes se font de plus en plus marquantes avec l’explosion de festivals mais aussi des cours, stages, ateliers et autres initiatives proposées à un public qui ne cesse de s’élargir.

Même si l’on peut considérer que la danse a toujours existé puisqu’il s’agit du langage du corps, à ses débuts, elle n’était pas encore considérée comme un art. Ce n’est qu’au cours de la Renaissance (Louis XIV fonda l’Académie Royale en 1661) que la danse acquit sa reconnaissance. Des danseurs (jusqu’au 18e siècle, la danse ne comptera que des hommes !) en tant que véritables professionnels, se mirent à chercher des pas, des attitudes, des enchaînements, des mouvements plus gracieux que ce qui existait à l’époque. Au début du 20e siècle, la danse contemporaine fera son apparition et fera l’effet d’une véritable révolution, rendant célèbres de nombreux chorégraphes, qui enrichiront leurs chorégraphies d’un mélange de modernité et de classique. Cette évolution de la danse entrainera la naissance de nombreux styles et expressions.

Evolution de la danse

La danse classique est la plus ancienne forme codifiée en Occident. La codification et les règles strictes se retrouvent dans la technique (5 positions de base…) mais également au niveau de la hiérarchie artistique, conservée par seulement quelques opéras et écoles de danse de par le monde : danseur/danseuse étoile, premier danseur/première danseuse, soliste, corps de ballet (choryphée) et quadrilles.

Malgré l’apparition de la danse moderne, la danse classique reste encore très dansée de nos jours. Elle constitue la majeure partie du répertoire des opéras et représente la base essentielle de l’apprentissage, y compris de la danse contemporaine.

Même s’il est difficile d’en décrire les contours exacts, on peut toutefois affirmer que la danse contemporaine ou moderne, représente une réaction, une rupture, par rapport à la danse classique. En se libérant des contraintes et de la convention pour faire place à l’émotion, la spontanéité et l’inspiration chez le danseur, la danse contemporaine se multiplie à l’infini (flamenco, danse orientale, danse africaine, le funk, le rock, les danses folkloriques…). Il est avant tout question de vie, de libération du corps, plus que de beauté ou de spectacle. De même, la danse jazz impose un style léger, rapide, détendu et flexible, donnant à la danse, une nouvelle exubérance et une sensualité, se délivrant ainsi de toute rigidité (même si la danse classique reste la base de toute formation). La danse devient avant tout une façon d’exprimer le mouvement, ce qui donne lieu à la naissance de multiples compagnies qui s’installent un peu partout, d’année en année.

Depuis 2000, on observe un phénomène de décloisonnement dans le domaine de la danse. Auparavant destinée  à « cohabiter » avec les autres disciplines, la danse s’intègre ou fédère de nombreux projets mêlant arts plastiques, arts du cirque pièces d’opéra, de théâtre adultes ou jeune public, musique, chant ou encore multimédia. Le danseur mais aussi le chorégraphe deviennent polyvalents, les lieux de représentations se multiplient et se diversifient, la danse devient interactive. Cette ouverture permet d’élargir le public mais engendre aussi une démocratisation de l’accès à la danse.

Aides et subventions

Tout comme les autres disciplines telles que l’art dramatique, les arts forains, du cirque et de la rue, la musique et la danse dépendent du Service général des Arts de la Scène. Ce dernier distingue :

  • Le Service de la Musique classique et contemporaine ;
  • Le Service des Musiques non classique ;
  • Le Service de la Danse.

Chacun de ces services a notamment pour missions de promouvoir, favoriser et développer la circulation des ensembles musicaux professionnels et la création musicale contemporaine, la création et les initiatives artistiques dans le domaine des musiques d’expression non classique, ainsi que dans le domaine de la danse professionnelle en Communauté française. Pour la musique classique, les services gèrent l’octroi de subventions aux institutions (orchestres, ensembles, interprètes, festivals, organisateurs de concerts, centres de musique, productions cinématographiques), l’octroi de bourses aux compositeurs et la réalisation de disques compacts thématiques en collaboration avec Wallonie-Bruxelles Musiques. Dans le domaine de la musique non classique, les aides peuvent prendre diverses formes : aide à l’enregistrement sonore, à la création de spectacle musical, à la promotion, à l’organisation de festivals, à la réalisation de clips, etc. Quant à la danse, les subventions sont octroyées aux compagnies, aux projets chorégraphiques et aux festivals de danse mais elles soutiennent également la publication de documents de référence et la réalisation de matériel promotionnel.

Les aides financières octroyées par les pouvoirs publics aux opérateurs culturels sont régies par le Décret des Arts de la Scène, adopté par le Parlement de la Communauté française le 10 avril 2003 et soumises à un système contractuel. Ce système, né au début des années 1980 dans le secteur théâtral et désormais étendu à toutes les disciplines, garantit à l’opérateur culturel une subvention déterminée s’étendant sur plusieurs années. En échange, il s’engage à exécuter entièrement le cahier des charges établi (nombre de créations, de prestations, de productions…).

Il existe deux sortes de contrats :

  • la convention, signée pour une durée de deux ans ou quatre ans
  • le contrat-programme, signé pour une durée de cinq ans

Le décret instaure quant à lui quatre types de subventions :

  • les bourses d’aide à la création et à la formation continuée ;
  • les aides ponctuelles (aides à la création) ;
  • les conventions de deux ou quatre ans ;
  • les contrats-programmes de cinq ans.

Des conseils consultatifs dans chacun des domaines sont également mis en place. Ils ont, entre autres, pour missions de formuler des avis artistiques et des recommandations financières sur les demandes d’aide, d’examiner les dossiers de renouvellement et d’évaluer la qualité artistique et la faisabilité des projets artistiques présentés, conformément au décret.

La formation et les perspectives d’emploi

Bien qu’elle soit partout (radio, CD, télévision, internet, concerts, festivals, opéra, etc.), la musique éprouve encore des difficultés à évoluer dans un cadre précis. De contrats en période d’attente, de chansons et partitions en castings, concours et parfois désillusions, les artistes de la musique sont essentiellement guidés par la passion qui les anime. Dès leur parcours scolaire, les élèves des académies ou des conservatoires voient leur apprentissage quelque peu menacé par des conditions (notamment financières) pas toujours avantageuses. Bien entendu, la formation de musicien ou de chanteur, qu’elle soit classique ou non, dépasse bien souvent le cadre institutionnel. Nombreux sont les futurs artistes qui cumulent l’enseignement « traditionnel » et d’autres formations (stages d’été, Master class, cours privés, formation d’un groupe, etc.) afin de parfaire leur savoir, leurs connaissances et de se forger une expérience. Au niveau des débouchés professionnels, les musiciens classiques peuvent tenter d’entrer dans un orchestre ou dans toute autre formation (musique militaire, musique de chambre, etc.) ou ils peuvent également se lancer dans une carrière solo. Le chanteur lyrique, quant à lui, se présente généralement dans les différents concours et auditions dans l’espoir, par exemple, de rejoindre un opéra. Bien entendu, l’enseignement de la musique et du chant reste un grand pourvoyeur d’emplois. Dans la musique en général, il n’est pas rare de devoir cumuler les emplois pour pouvoir réellement en vivre.

En ce qui concerne l’apprentissage, la danse, tant classique que moderne, n’est malheureusement pas enseignée dans l’enseignement supérieur artistique en Communauté française. Si certaines écoles existent en Flandre, les danseurs doivent souvent passer par les académies ou les conservatoires ou prendre des cours dans des écoles privées ou autres compagnies indépendantes. Ensuite, ils devront passer des auditions (99% des cas de recrutement) afin d’intégrer des compagnies (subventionnées ou non), des troupes…en Belgique ou à l’étranger. La tâche ne sera pas évidente car les conditions d’admissions se font de plus en plus strictes. En ce qui concerne la diffusion, à ce jour, la plupart des pays possèdent au moins un festival de danse et possède au moins un théâtre, un centre culturel qui prévoit de la danse dans sa programmation.

L’avenir de la musique et de la danse

La consommation de la musique a considérablement changé ces dernières années. Les nouvelles technologies, les nouveaux supports ne cessent de se multiplier et de transformer l’approche du consommateur. Si certains produits connaissent un déclin inévitable (CD, DVD…), d’autres sont en plein « boom » (téléchargements de fichiers musicaux, etc.). Pourtant, selon plusieurs observateurs et spécialistes du domaine, le marché est en pleine mutation et confronté à la concurrence de l’offre illégale.

En effet, les chiffres concernant la consommation de la musique sur différents supports (albums, singles, vidéos musicales ou supports numériques) démontrent une diminution importante du marché et donc, de la création. En 2010, les Belges ont acheté 42 millions de jeux vidéo, de DVD, de Blu-ray et de musique. Si les marchés de la musique digitale et du Blu-ray augmentent, le secteur du divertissement enregistre pourtant une baisse de revenu de 40 millions d’euros. Selon une étude réalisée par Tera en mars 2010, d’ici 2015, si rien n’est mis en place, près de 1,2 millions d’emplois seront menacés dans le secteur.

Par ailleurs, Internet et les nouvelles technologies n’ont pas que des points négatifs. Ils permettent aussi à de jeunes talents de se faire connaitre en postant des vidéos, des compositions vues et entendues (et parfois même produites) par des millions d’internautes sur la toile. Le consommateur peut se procurer ou visionner en quelques clics les derniers tubes ou les derniers clips et performances. L’accès à la musique et au divertissement en général n’a jamais été aussi favorisé et donc, aussi facile.

La danse n’est pas en reste non plus. L’espace scénique évolue, l’interactivité face aux nouvelles technologies est de plus en plus intégrée dans les représentations et les processus de composition s’enrichissent. Des images sont projetées, l’utilisation de systèmes interactifs sonores ou visuels permet de jouer sur la perception, déformer les corps, les sons…

 

Bonnes adresses

Musique

- Institut des métiers de la musique (Montréal, Paris, Barcelone) 

- Conseil de la Musique 

- SICam (Service d’Information et de Conseil en arts musicaux) : 02/209 10 90

- GRiAM (Groupe de Réflexion international sur les Apprentissages de la Musique) : 02/550 13 20

- Club Plasma (PLAteforme Sonore des Musiques Actuelles) est un réseau de salles et d’organisateurs de concerts de la Communauté française Wallonie-Bruxelles

- Court-Circuit (Centre d’informations et de promotion des musiques actuelles en Communauté française)

- Forum des compositeurs

- Union Wallonne des Organistes

- Société liégeoise de Musicologie

- Société Belge d'Analyse Musicale (SBAM)   

- Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (SABAM)

- Les Jeunesses musicales

- Les lundis d'Hortense - association de musiciens pour la promotion et la diffusion du jazz belge

Maison des Auteurs (protection des droits d’auteurs)

- CAVEMA - Centre d’art vocal et de musique ancienne

- Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie (CRFMW)

- Chapelle Musicale Reine Elisabeth

- Association des musiques d'expression actuelles

- Biennale de la chanson française

- Union des sociétés musicales

Danse

- Contredanse (soutien et stimulation de la création chorégraphique)

- Union belge des professeurs de danse et de maintien

- Charleroi Danses – Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles


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