Organisation & encadrement culturels Magazine n°45

Publié en Juillet 2017  —  Magazine précédent / suivant  —  Archives
photo couverture organisation & encadrement culturels

La mise en place d'un concert, d'une pièce de théâtre ou d'un autre spectacle ; l'organisation d'activités dans une maison de jeunes, une maison de quartier ou un centre culturel ; l'information et la formation auprès d'une association culturelle ou sociale sont des événements qui ne verraient pas le jour sans l'intervention de professionnels passionnés par l'organisation et l'encadrement culturels.

De la programmation à la communication, en passant par l'animation, la formation ou encore la gestion, rien n'est laissé au hasard pour que tout se déroule dans de bonnes conditions à chaque étape. Choix des spectacles, conception des affiches, logistique, encadrement de groupes, réalisation d'animations... peu importe la fonction, il s'agit de donner la possibilité à un public de rencontrer la culture !

On retrouve les professionnels de l'organisation et de l'encadrement culturels au sein d'institutions ou d'initiatives culturelles (centres culturels, maisons de la culture, bibliothèques, théâtres, festivals, expositions, etc.), d'organismes d'éducation permanente (les Centres d'Insertion Socioprofessionnelle - CISP, les centres d'expression et de créativité - CEC, etc.) ou encore d'organisations de jeunesse (maisons de jeunes, centres d'information, organismes de projets à l'étranger, mouvements de jeunesse, etc.), voire même en entreprise. Ils évoluent donc dans des contextes de travail très variés.

Salarié, bénévole, intérimaire, artiste, les statuts présents dans ce domaine sont également nombreux. Qu'ils soient formateurs, animateurs, éducateurs, médiateurs ou encore chargés de communication ou programmateurs, les intervenants travaillent tous "pour" et "avec" différents publics (jeunes, adultes, personnes âgées, populations issues de l'immigration...) sans compter la nature diverse des projets dans lesquels ils sont impliqués (culturels, sociaux, éducatifs...).

Les professionnels oeuvrant à l'organisation et l'encadrement culturels sont souvent amenés à travailler lorsque les autres "se reposent ou s'amusent" : en soirée, les week-ends et en période de vacances scolaires. Créatifs passionnés, ils n'hésitent pas à s'investir personnellement pour mener à bien les projets qu'ils proposent au public !

Ce magazine présente les principaux métiers du secteurs. Bonne lecture !

 

Les métiers

 

Autant savoir

Aides et subventions

En Wallonie, le Ministère de la Fédération-Wallonie Bruxelles est l’organe compétent pour tout ce qui concerne notamment la culture. A Bruxelles, il s’agit de la CoCof (Commission communautaire française de la Région de Bruxelles – Capitale). Ainsi, au sein de cette administration, différents services ont été mis en place afin de gérer, promouvoir et favoriser tout ce qui a trait aux différentes disciplines artistiques mais aussi tous les aspects dits « multidisciplinaires » (centres culturels, la formation des cadres culturels…) et le travail des intervenants du secteur de la jeunesse et de l’éducation permanente (maisons et centres de jeunes, centres d’information, organismes de projets à l’étranger, alphabétisation, centres d’expression et de créativité  - CEC, écoles de devoirs…).

L’Administration générale de la Culture contribue à créer les conditions du développement de :

  • La création artistique professionnelle, sa production, sa diffusion et sa promotion dans la diversité de ses langages et de ses esthétiques
  • La rencontre des différentes formes artistiques et de leurs publics
  • La démocratisation de la culture
  • Le droit pour tous à la culture et aux savoirs
  • La formation tout au long de la vie
  • L’expression créative et la pratique des arts en amateur
  • La conservation, la sauvegarde, la recherche, la communication et l’appropriation par le public du patrimoine matériel et immatériel (y compris la langue française et les langues régionales)
  • L’expression et l’action citoyenne, ainsi que la participation sociale la plus large des populations aux projets collectifs qu’elles se donnent.

Afin de mener à bien ses missions, elle collabore également avec d’autres services qui y contribuent directement : l’Observatoire des Politiques culturelles, l’Observatoire de l’Enfance et de la Jeunesse, la Cellule culture-école, le Service général de l’audiovisuel, les Infrastructures culturelles …

L’Administration générale de la Culture gère différents services culturels comme les bibliobus, le centre de prêts de matériel de Naninne, le centre de rencontres et d’hébergement Marcel Hicter, le Musée royal de Mariemont…Elle participe également à la gestion d’événements tels que la Foire du Livre de Bruxelles, par exemple.

Concernant la CoCof, cette dernière est compétente pour les institutions francophones de la Région bruxelloise. Elle peut, par le biais de règlements, agir en qualité de pouvoir organisateur sur les matières culturelles, d'enseignement et personnalisables. Elle peut en outre exercer les compétences qui lui sont déléguées par le Conseil de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est-à-dire le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de notre pays. Elle agit en cela comme un organe décentralisé et sous tutelle de la Fédération.

Commissions paritaires

Au départ composés de bénévoles et sans réel cadre de travail, tous ces domaines d’activités se sont petit à petit professionnalisés et sont dès lors régis selon différentes commissions paritaires (CP) qui vont définir les contours des différentes fonctions (salaires, conditions de travail, etc.).

Ainsi, l’éducation permanente, l’insertion socioprofessionnelle, les initiatives de développement communautaire, les organisations et mouvements de jeunesse, les centres de jeunes, maisons de jeunes, bibliothèques .... sont repris sous la CP 329 (et sous-commissions paritaires 329.01, 329.02 et 329.03).

Les arts du spectacle sont quant à eux régis par la CP 304.  Une convention collective de travail (CCT 304) fixant les conditions de rémunération pour les artistes et techniciens du spectacle de la Fédération Wallonie-Bruxelles a également vu le jour. Les CP 227 et 303 se chargent, quant à elles, de l’audiovisuel et de l’industrie cinématographique. Les autres activités du secteur non-marchand relèvent de la CP 337.

Le fait que la culture et le socioculturel soient divisés en de nombreuses commissions paritaires différentes confirme la diversité des éléments qui composent ces secteurs.

ASBL

Les organismes culturels ou socioculturels et d’éducation permanente se regroupent généralement sous la forme d’associations sans but lucratif (ASBL) ce qui signifie qu’elles n’ont pas pour objectif premier de faire des bénéfices avec la vente de produits mais qu’elles remplissent plutôt des missions d’intérêt général. Les projets qu’elles mettent en place ont des implications sociale, culturelle ou encore éducative en fonction du public et du cadre de travail. Il s’agit donc en quelque sorte de producteurs qui poursuivent une finalité non lucrative et qui financent leurs activités autrement (via des subsides par exemple) que par la vente d’un produit sur le marché.

En Belgique, les associations sans but lucratif (ASBL) sont régies par une loi qui leur impose certaines obligations concernant les statuts, la publicité, l’organisation, la comptabilité, etc.

Ces ASBL correspondent souvent à de petites structures au sein desquelles tout le monde met la main à la pâte et où il n’est pas rare de voir une même personne remplir plusieurs fonctions !

Travailleurs et public

La culture s’exprime donc au travers d’asbl qui sont elles-mêmes régies par certaines règles propres à leur caractère non lucratif. Mais qu’en est-il des travailleurs ?

Si les professionnels de la création sont majoritairement des travailleurs intermittents, les travailleurs de l’organisation et de l’encadrement culturels sont quant à eux essentiellement salariés. Ils peuvent être engagés dans le cadre de projets précis et limités dans le temps ou pour une durée indéterminée au sein d’une institution spécifique. Cependant, quel que soit le statut, les conditions salariales ne sont malheureusement pas très attirantes par rapport à la charge de travail fourni.

De plus, compte tenu du type de projets et des activités menées, ces professionnels ne travaillent pas souvent selon un horaire fixe et défini. Pour qu’un projet voie le jour, il ne faut parfois pas compter ses heures.  Il est rare de pouvoir compter sur un horaire « de bureau » alors que la majorité des activités, culturelles ou autres, ont lieu pendant les périodes dites de loisirs ou de temps libres. Ils travaillent lorsque les autres « se reposent » : en soirée, les week-ends et en période de vacances scolaires !

L’organisation et l’encadrement culturels requièrent des personnes créatives et passionnées, qui n’hésitent pas à s’investir personnellement dans les projets ! Elles doivent êtres polyvalentes (surtout dans les petites structures), enthousiastes et motivées ! La communication est également un aspect essentiel de leur métier.

Quant au public, il est très diversifié. En effet, qu’ils soient formateurs, animateurs, éducateurs, médiateurs ou encore chargés de communication ou programmateurs, les intervenants socioculturels ou culturels évoluent dans un contexte de travail très vaste et touchent des publics différents (jeunes, adultes, femmes, personnes âgées, populations issues de l’immigration…) sans compter la nature diverse des projets dans lesquels ils sont impliqués (culturels, sociaux, éducatifs…). Souvent, les activités menées permettent de (re-)créer des liens sociaux et permettent à ce public, parfois fragilisé, de retrouver des repères et d’évoluer dans la société.

Il s’agit donc d’un secteur exigeant mais riche en relations humaines !

 
 

Sources

 

Remerciements

Nous tenons à remercier toutes les personnes interviewées pour le carnet Organisation & encadrement culturels comme pour notre site internet, ainsi que celles qui ont fourni les contacts professionnels.


Ce site est un site d'information belge francophone sur les métiers.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.