Spectacle Magazine n°7

Marie Dieudonné

Publié en juin 2009  —  Magazine précédent / suivant  —  Archives
mag spectacle

Arts du spectacle ou arts vivants, tels sont les termes utilisés pour parler de ce secteur on ne peut plus difficile à cerner tant il regorge de richesses et de diversité. Le spectacle est un domaine en constante évolution, permettant l’éclosion de nouveaux genres et faisant exploser les cloisonnements entre les différentes formes d’art. Mais, que serait le spectacle sans artistes? 

Généralement travailleur intermittent, nomade, l'artiste n'a pas toujours la vie simple. En effet, si le public a le bonheur de voir un artiste évoluer dans la lumière, il reste qu'un travail de grande ampleur demandant beaucoup de temps et de préparation et accompagné de nombreux sacrifices a été effectué dans l'ombre. 

Même si l’artiste éprouve parfois des difficultés, il possède toutefois un don exceptionnel : celui de faire rire, pleurer, réfléchir, bref, de susciter des émotions et de nous ouvrir au monde. De plus, son statut un peu « à part » lui permet de créer quand et où il le désire ce qui lui procure une certaine liberté d’action et d’expression que beaucoup lui envient. Enfin, même si les sacrifices sont nombreux, les artistes ont la chance de partager leur passion avec un public, pour le plus grand bonheur de celleset ceux qui aiment se laisser transporter dans un monde imaginaire… 

Que vous soyez futur artiste, artiste accompli, professionnel de l’information et de l’orientation, ou tout simplement spectateur passionné ou curieux d’en découvrir plussur le milieu du spectacle…ce nouveau guide est pour vous ! 

Ce magazine de l'été vous offre un tour d’horizon, loin d’être exhaustif, des métiers qui font la richesse des arts vivants, du théâtre à la musique, en passant par les arts de la rue, les arts du cirque et de la danse. Sans oublier les artistes de l’ombre qui oeuvrent à l’organisation ou à la réalisation technique des plus beaux spectacles ! Des fiches descriptives de nombreux métiers, mais aussi des interviews de professionnels et d’artistes, invitent à (re-)découvrir le monde passionnant du spectacle. L'espace de quelques instants, mettez-vous dans la peau d'un comédien et découvrez le métier passionnant du luthier! Pour celles et ceux qui ont envie de se lancer dans l'aventure ou tout simplement pour les curieux, les rubriques "Autant savoir" et "Bonnes adresses" vous attendent! 

Le public s’installe, les lumières s’éteignent, place aux artistes…. !

 

Les métiers

 

Autant savoir

Les arts du spectacle en Communauté française

Les arts du spectacle recouvrent plusieurs disciplines et concernent donc différents artistes issus d’horizons multiples. Comment donc savoir ce qui fait partie ou non du domaine des arts du spectacle?

Le 10 avril 2003, le Parlement de la Communauté française a adopté un décret relatif à la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des Arts de la scène afin de donner une définition des disciplines pouvant être considérées comme arts de la scène : « les domaines d’expression artistique dont les créations et réalisations font appel à des artistes, artisans et techniciens et aux techniques des arts
d’interprétation, et sont notamment diffusées sous la forme du spectacle vivant » (Décret -cadre relatif à la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des Arts de la scène, Article 1, §1).

Ces domaines sont les suivants :
- le théâtre (y compris le théâtre action : pratique théâtrale qui poursuit avec des personnes socialement et culturellement défavorisées, des objectifs socioculturels) mais pas le théâtre pour l’enfance et la jeunesse qui dispose de son propre décret ;
- la danse ;
- la musique classique et contemporaine ainsi que l’art lyrique ;
- les musiques non classiques (le jazz, le rock, les musiques du monde, la chanson,etc.) ;
- les arts forains, du cirque et de la rue. (reconnus par le décret de 1999).

Le décret concerne aussi bien les associations dont l’objet social est la création, la production de spectacles, la promotion et la diffusion, l’information, les conseils et autres services que les artistes interprètes ou créateurs. Il instaure également quatre types de subventions : les bourses d’aide à la création et à la formation continuée, les aides ponctuelles d'aide à la création, les conventions de 2 ou 4 ans et les contratsprogrammes de 5 ans. Enfin, le décret a permis la mise en place de conseils consultatifs dans chacun des domaines cités ci-dessus.

Le statut d'artiste, une illusion ?

On en entend souvent parler, pourtant, le « statut d’artiste » n’existe pas vraiment. En effet, l’artiste, qu’il soit créateur ou interprète, ne jouit pas d’un statut spécifique mais plutôt de règles spécifiques applicables au niveau de la législation sociale. En effet, l’artiste, comme toute autre personne qui exerce une activité professionnelle en Belgique, est soumis à un des trois régimes de sécurité sociale existants en Belgique : celui des travailleurs salariés, des travailleurs indépendants et des fonctionnaires de l’Etat. Cependant, il s’avère que l’artiste possède un profil particulier et plutôt atypique en raison des conditions de travail souvent précaires et instables, de l’exercice de différentes activités artistiques, des multiples employeurs, des revenus irréguliers, etc. De ce fait, l’artiste a beaucoup de mal à s’intégrer dans l’un des trois régimes existants en Belgique.

Etant donné la situation, la loi a donc prévu quelques assouplissements notamment en terme de sécurité sociale (assujettissement à la sécurité sociale des travailleurs salariés pour tous les artistes, qu’ils soient créateurs ou interprètes) de façon à doper l’emploi d’artistes salariés et d’augmenter les activités artistiques réalisées sous un véritable contrat de travail. Par ailleurs, il est également permis à l’artiste de choisir d’être soumis au statut de travailleur salarié ou d’indépendant. Même s’il s’agit d’une avancée non négligeable pour les artistes, il n’en reste pas moins que de nombreux autres efforts doivent être accomplis par le législateur, notamment en terme d’allocations de chômage (les interprètes sont catégorisés différemment des créateurs) ou encore de la réglementation fiscale.

En résumé, le statut de l’artiste n’est pas encore reconnu en tant que tel mais est issu de modifications, ou plutôt d’adaptations, de la loi, ce qui laisse l’artiste dans une relative position de fragilité.

Et le droit d'auteur ?

Tout d’abord, il est indispensable de distinguer le droit d’auteur de ce que l’on appelle les droits voisins. 

Si vous avez créé une oeuvre artistique et si cette oeuvre est originale (marquée par la personnalité de son auteur) et exprimée dans une forme (une idée n’est pas protégée), vous êtes alors protégé par la loi relative au droit d’auteur sans qu’aucune formalité ne soit nécessaire (en cas de plagiat, vous devrez prouver que vous êtes bien l’auteur de l’oeuvre). Cette loi attribue à l’auteur des droits sur son oeuvre pour une certaine durée. L’auteur peut autoriser l’utilisation de son oeuvre par une autre personne selon certaines conditions qu’il aura fixées auparavant. Il peut, par exemple, exiger une rémunération en échange, ce que l’on appelle les redevances de droit d’auteur. Pour cela, il doit s’adresser à une société d’auteurs comme la SABAM ( Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs) ou la SACD (gestion des droits d'auteur dans les domaine du spectacle vivant et de l'audiovisuel) par exemple.

Les droits voisins concernent, quant à eux, les artistes interprètes ou exécutants, c’est-à-dire « les acteurs, chanteurs, musiciens, danseurs et autres personnes qui représentent, chantent, récitent, déclament, jouent ou exécutent de toute autre manière des oeuvres littéraires et artistiques »5. Il s'agit donc des droits sur une prestation. On ne peut pas copier une chorégraphie par exemple. Les artistes de variétés
(jongleurs, magiciens,…) et les artistes de cirque sont également considérés comme artistes interprètes ou exécutants. Par contre, ceux que l’on nomme les « artistes de complément » comme les figurants ou encore les techniciens de spectacle, ne bénéficient pas de la protection des droits voisins. Tout comme pour les droits d’auteur, les droits voisins protègent les artistes sans qu’aucune formalité ne soit nécessaire, la
protection se fait donc par la seule prestation. S’il veut être rémunéré quant à ses droits, l’artiste doit également s’adresser à une société d’auteurs.

 

Bonnes adresses

Commission Artistes
Boulevard de Waterloo, 77 – 1000 Bruxelles
Tel : 02/546 40 50 (indépendants) et 02/509 34 26 (salariés) – Fax : 02/513 04 13
Mail: info@articomm.be 

Service général des Arts de la scène, informations utiles (aides, financement, subventions,etc.)sur les arts de la scène en Communauté française

Ministère de la Communauté française - Direction générale de la Culture
Service général des Arts de la Scène - Boulevard Léopold II, 44 - 1080 Bruxelles
Tel : 02/413 25 05

Site : www.artscene.cfwb.be 

FAR - Fédération des Arts de la Rue, des Arts du Cirque et des Arts Forains
Rue Emile Féron, 70 - 1060 Bruxelles
Tél.: 02/ 534 66 16
Mail: info@la-far.be 

QUELQUES SITES

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.